Jean-Hugues Ratenon assume son vote contre la suspension de la réforme des retraites

Alors qu’un seul député réunionnais a voté pour la suspension de la réforme des retraites hier, Jean-Hugues Ratenon défend son choix de s’y opposer. Pour l’élu insoumis, la mesure adoptée à l’Assemblée nationale n’est qu’un « décalage » qui valide l’âge de départ à 64 ans.
À l’Assemblée nationale, les députés ont adopté mercredi la suspension de la réforme des retraites par 255 voix contre 146. Parmi les élus réunionnais, seul le député du Rassemblement national Joseph Rivière a voté pour. Les deux députés insoumis, Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, se sont prononcés contre, tout comme Emeline K/Bidi (GDR). Les autres députés de l’île n’ont pas pris part au vote.
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Jean-Hugues Ratenon justifie ce choix dans un communiqué publié ce jeudi. L’élu insoumis juge que la mesure adoptée à Paris ne constitue pas l’abrogation du texte controversé, mais un simple report : « Le camp de Macron a fait adopter un texte visant le décalage de la réforme des retraites. Le décalage et non la suppression, l’abrogation de cette très mauvaise réforme. »
Selon lui, la suspension prévue jusqu’en 2028 revient à entériner le recul de l’âge légal de départ. « Ceux qui ont voté pour ont tout simplement validé l’âge de départ à la retraite à 64 ans ! Et ça, ils ne vous le disent pas. Voter contre le décalage, c'est voter contre la retraite à 64 ans. Voilà le sens de notre vote », assure-t-il.
Un désaccord marqué au sein de la gauche
À gauche, les groupes ont affiché des positions divergentes. Le Parti socialiste a majoritairement voté pour la suspension après un compromis conclu avec le gouvernement, mais deux élus, dont Philippe Naillet, n'ont pas pris part au vote. Les communistes ont voté contre, estimant que la suspension ne suffisait pas. Les insoumis ont dénoncé une « compromission des socialistes avec les macronistes » et comptent sur leur niche parlementaire du 27 novembre pour tenter une abrogation totale.
Jean-Hugues Ratenon s’inscrit donc dans cette ligne. « Nous voulons l’abrogation de cette réforme pour mettre en place la retraite à 62 ans puis 60 ans ! (…) Nous refusons tout marchandage avec la macronie. Nous ne nous contentons pas de miettes », argue le député de la 5e circonscription.
Il affirme rester fidèle à son mandat : « Nous n’avons pas été élus pour protéger notre mandat de député, mais pour protéger les gens. »
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Adoptée, mais largement contestée dans l’hémicycle, la suspension de la réforme ne met donc pas fin au débat. Une bataille parlementaire s'annonce encore autour du texte, alors que plusieurs groupes réclament son abrogation pure et simple. Selon Ratenon, « le peuple attend des décisions fortes qui stoppent la violence sociale », citant notamment les travailleurs aux carrières longues ou pénibles.


