Les députés votent la suspension de la réforme des retraites

Adoptée à 255 voix contre 146, la suspension de la réforme des retraites a été votée ce mercredi 12 novembre à l’Assemblée nationale. Une mesure exigée par les socialistes, qui permet au gouvernement Lecornu d’éviter une censure.
L’Assemblée nationale a tranché. Ce mercredi, les députés ont adopté à 255 voix pour et 146 contre la suspension de la réforme des retraites, un compromis obtenu à l’initiative du groupe socialiste. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, menacé d’une motion de censure, échappe ainsi à une nouvelle crise politique. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, a salué un vote “apaisé” et estimé que “la majorité de l’Assemblée souhaitait avancer sur un budget de compromis”.
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Dans les rangs présidentiels, la consigne était à l’abstention. “Nous avons porté et défendu cette réforme de toute notre force, et pourtant mon groupe s’abstiendra. Ce n’est pas de gaieté de cœur, mais avec lucidité”, a déclaré Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République. Le chef de file de la majorité assume une position délicate, entre fidélité à la réforme et volonté de maintenir le dialogue avec les socialistes.
"C'est une victoire d'étape, le totem absolu de la macronie a été ébranlé"
"C'est une victoire d'étape, le totem absolu de la macronie a été ébranlé", a salué le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui dit "regretter" que toute la gauche n'ait pas été alignée sur ce sujet. Le député de Seine-et-Marne assure que la question des retraites "sera un des débats majeurs de l'élection présidentielle de 2027."
Le Rassemblement national a voté pour, tout en promettant d’aller plus loin. “Nous serons les seuls à être cohérents, nous allons voter pour suspendre en attendant l’abrogation de la réforme Borne”, a lancé Marine Le Pen, dénonçant “les ententes et arrangements” entre les autres partis. À gauche, La France insoumise et le Parti communiste ont fustigé un simple “décalage” et non une véritable suspension. “C’est un décalage de trois mois et rien d’autre, payé par les assurés sociaux et les retraités”, a réagi le député communiste Stéphane Peu.
La CGT, de son côté, voit dans cette décision “une brèche dans un totem du macronisme”, mais estime que le report de l’âge légal à 64 ans “reste inscrit dans la loi”. La centrale syndicale a confirmé un appel à la grève et à la manifestation le 2 décembre contre un budget “catastrophique pour les salariés”.
C’est désormais acté : la réforme des retraites est suspendue, du moins en première lecture. Le texte doit encore passer l’épreuve du Sénat, où un rejet est plus que probable, avant qu’une commission mixte paritaire — réunissant sept députés et sept sénateurs — ne tente de trouver un compromis sur ce point sensible.


