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Un seul député Réunionnais a voté la suspension de la réforme des retraites

Ecrit par N.P. – le jeudi 13 novembre 2025 à 06H05

Avec 255 voix pour et 146 contre, l’Assemblée nationale a adopté mercredi la suspension de la réforme des retraites. Parmi les élus de La Réunion, un seul a soutenu la mesure.

Le vote portait sur l’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, introduit par le gouvernement à la faveur d’une lettre rectificative. Cet article prévoit la suspension de la réforme des retraites, mise en œuvre sous le gouvernement d’Élisabeth Borne. Cette évolution résulte d’un compromis avec le groupe socialiste, qui a ainsi obtenu du gouvernement une concession majeure tout en lui permettant d’éviter une motion de censure.

Les Insoumis attendent leur niche

Les députés communistes ont choisi de s’opposer à la suspension du texte, après l’avoir pourtant farouchement combattu. Les insoumis, de leur côté, ont dénoncé une suspension jugée insuffisante et le résultat d’une « compromission des socialistes avec les macronistes ». Ils comptent désormais sur leur niche parlementaire du jeudi 27 novembre pour défendre une abrogation pure et simple de la réforme.

Lire aussi : Les députés votent la suspension de la réforme des retraites

Le Rassemblement national a voté en faveur de la suspension. Sa présidente de groupe a toutefois dénoncé avant le vote ce qu’elle a qualifié de « pacte de non-censure ». “Nous serons les seuls à être cohérents, nous allons voter pour suspendre en attendant l’abrogation de la réforme Borne”, a lancé Marine Le Pen. Les députés LR, Horizons et proches d’Éric Ciotti ont, pour leur part, majoritairement voté contre. Au sein de la droite républicaine, le scrutin a néanmoins révélé des divisions : huit voix pour, 25 contre et neuf abstentions.

Qu’ont voté les députés Réunionnais ? 

Les sept députés réunionnais ont, pour la majorité, suivi les consignes de vote de leurs groupes. Les deux députés insoumis, Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, ont voté contre (60 contre et 11 non-votants au sein du groupe LFI) ainsi que Emeline K/Bidi (GDR) . Le député du RN, Joseph Rivière, a lui aussi voté à l’unisson de tous ses collègues (112 pour, 11 non-votants).

À gauche, si le Parti socialiste a quasi unanimement voté pour, avec 67 voix favorables à la suspension, deux députés à la rose n’ont pas pris part au vote, dont Philippe Naillet, député de la première circonscription.

Les deux autres députés réunionnais, Frédéric Maillot, Karine Lebon (Gauche démocrate et républicaine) n’ont pas pris part au vote (1 pour, 11 contre et 5 non-votants).

Une concession pour préserver l’équilibre gouvernemental

Dans le climat politique tendu du moment, cette suspension représentait la principale condition posée par les socialistes pour éviter une nouvelle censure du gouvernement de Sébastien Lecornu. Déjà, le 16 octobre, un accord similaire avait permis à l’exécutif d’échapper à deux motions de censure.

Cependant, cette première version du texte n’avait pas fait l’unanimité. Plusieurs députés de gauche la jugeaient trop restrictive. Pour rallier davantage de voix, notamment chez les socialistes, écologistes et communistes, le gouvernement a finalement accepté d’élargir le champ de la suspension. Celle-ci concernera désormais aussi les carrières longues, les agents des catégories « actives » et « superactives » de la fonction publique – comme les pompiers ou les aides-soignantes – ainsi que les personnes nées au premier trimestre 1965.

Un examen attendu au Sénat

Le processus législatif est encore loin d’être achevé. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doit désormais être examiné par le Sénat, probablement à partir de samedi. C’est seulement après ce passage que la suspension de la réforme pourra être définitivement entérinée.

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