"J’ai 70 vaches qui m’attendent" : pincé dans un trafic de zamal vers Maurice, un éleveur tamponnais demande sa remise en liberté

Interpellé alors qu’il aidait à transporter des valises de zamal destinées au marché mauricien, un agriculteur tamponnais inconnu de la justice a fait valoir les nécessités liées à son exploitation pour plaider sa remise en liberté.
« Il n’y a pas d’âge pour faire le couillon. J’ai suivi les mauvaises personnes. » Accablé dans le box de la chambre de l’instruction, Gérard, la cinquantaine, semble regretter profondément les faits qui l’ont conduit pour la première fois de sa vie en détention provisoire le 29 juillet dernier.
Trois jours plus tôt, cet agriculteur du Tampon est aperçu par des promeneurs sur le front de mer de Bras-Panon en train de se livrer à un manège suspect. Se croyant à l’abri des regards, deux hommes sont affairés à déplacer des valises pour les cacher sous les branchages à proximité du rivage.
156 kg de cannabis en transit
Alertés, les gendarmes interviennent et appréhendent Gérard grâce à sa description vestimentaire. Penaud, ce dernier les conduit jusqu’à la cache, où sont entassés dix bagages contenant au total 156 kg de cannabis.
L’homme, éleveur de bétail dans les Hauts, reconnait avoir, à la demande de deux camarades, confectionné les ballots et aidé à leur transport jusqu’au site où un bateau devait les embarquer pour Maurice. Les deux autres suspects sont également interpellés, mis en examen et écroués.
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"Des bêtes malades et des ananas à récolter"
Après 21 jours de détention, l’agriculteur tamponnais demande néanmoins à la chambre de l’instruction sa remise en liberté. « Il faut le libérer pour s’occuper de son exploitation familiale. Il a des bêtes qui sont malades et des ananas qu’il va bientôt falloir récolter. Sa femme et son fils ne peuvent s’en occuper sans lui », plaide Me Devaguy Mardaye mardi 18 août . « Il a seulement joué le rôle de guetteur pour ses deux camarades, on n’a rien trouvé d’illégal en perquisition chez lui et il n’a aucun antécédant judiciaire. La détention n’est pas adaptée à son profil », complète l’avocate.
« Il n’a fait que 21 jours de détention alors qu’il risque dix ans de prison », s’oppose l’avocate générale Emmanuelle Barre. « Il n’a fait que des déclarations minimalistes sur un trafic international qui durait depuis 18 mois et l’enquête ne fait que débuter », rappelle la magistrate.
« Je n’aurais jamais dû faire ça », se désole le mis en examen. « J’ai 70 vaches et cinq hectares d’ananas qui m'attendent », rappelle-t-il avec inquiétude. Sans toutefois émouvoir la chambre de l’instruction, qui a confirmé la décision de placement en détention provisoire du suspect à ce stade précoce des investigations.


