Revenir à la rubrique : International

Israël veut instaurer une "zone de sécurité" au sud du Liban

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 25 mars 2026 à 07H33
Capture d'écran Google Maps

Le gouvernement israélien annonce vouloir établir une « zone de sécurité » jusqu’au fleuve Litani, dans le sud du Liban. Une décision qui suscite de vives réactions à Beyrouth et fait craindre une nouvelle escalade régionale.

Israël veut avancer sa ligne de défense au nord de sa frontière. Le ministre de la Défense Israel Katz a indiqué que l’armée allait établir une zone de sécurité en profondeur dans le sud du Liban, s’étendant jusqu’au fleuve Litani, soit entre 10 et 30 kilomètres au nord de la frontière. L’objectif déclaré : empêcher toute menace du Hezbollah et sécuriser durablement le nord d’Israël.

Dans les faits, des sources militaires évoquent un contrôle d’infrastructures clés, notamment les ponts et les axes routiers, ainsi que la création d’un espace « sans civils » le long des 120 kilomètres de frontière. Les habitants ne pourraient pas regagner ces zones tant que la situation sécuritaire ne serait pas jugée stabilisée.

Lire aussi : Détroit d’Ormuz : l’Iran autorise à nouveau le passage des navires "non hostiles"

Ce projet s’inscrit dans la continuité des opérations menées depuis début mars, marquées par des incursions terrestres et la destruction d’infrastructures. Il rappelle la « zone de sécurité » maintenue par Israël au Liban jusqu’en 2000. Selon plusieurs estimations, un tel dispositif pourrait concerner jusqu’à 10 % du territoire libanais.

Beyrouth et le Hezbollah dénoncent une « occupation »

À Beyrouth, la réaction est immédiate. Le président libanais Joseph Aoun dénonce une « punition collective contre des civils » et une atteinte directe à l’intégrité territoriale du pays. Les autorités parlent d’une « occupation de facto » et accusent Israël de vouloir redéfinir unilatéralement la frontière, en violation de la résolution 1701 de l’ONU.

Le gouvernement libanais insiste sur le fait que la sécurité du sud du pays relève de l’État et de la Force intérimaire des Nations unies (FINUL), et non d’une zone imposée par Israël. Il alerte également sur le risque de déplacements massifs de population, alors que des dizaines de milliers d’habitants ont déjà fui vers le nord.

Le Hezbollah hausse le ton. Le mouvement chiite qualifie le projet de « menace existentielle » et promet d’y résister. L’un de ses responsables, Hassan Fadlallah, affirme qu’il n’y a « pas d’autre choix que de confronter cette agression ». Sur le terrain, des attaques ont déjà été revendiquées contre des positions israéliennes, en réponse aux annonces de Tel-Aviv.

Inquiétudes en France et à l’international

La France appelle à la retenue. Le ministre des Affaires étrangères exhorte Israël à « s’abstenir » d’une telle opération, mettant en garde contre de « graves conséquences humanitaires ». Paris réaffirme son attachement à l’intégrité territoriale du Liban et plaide pour une solution diplomatique.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, plusieurs États expriment leur inquiétude face au risque d’occupation durable et aux déplacements de civils. Le secrétaire général appelle à la désescalade et au respect du cadre fixé par la résolution 1701.

Plus largement, les partenaires européens redoutent qu’une telle zone tampon ne se transforme en nouvelle ligne de front durable. Une perspective qui compliquerait les efforts de médiation et accentuerait l’instabilité dans la région.

Etiquettes : Israël | Liban

Dans la même rubrique

0💬
Tri :