Détroit d’Ormuz : l’Iran autorise à nouveau le passage des navires "non hostiles"

Après plusieurs semaines de blocage, l’Iran rouvre partiellement le détroit d’Ormuz. Téhéran autorise désormais le passage de certains navires, mais impose des conditions strictes, sur fond de tensions persistantes avec les États-Unis et leurs alliés.
Le détroit d’Ormuz rouvre, mais sous contrôle iranien. Dans une lettre adressée le 22 mars à l’Organisation maritime internationale, Téhéran annonce que les « navires non hostiles » pourront à nouveau emprunter cette voie stratégique. Un passage toutefois conditionné au respect strict des règles de sécurité imposées par l’Iran, ainsi qu’à une coordination préalable avec ses autorités.
Dans le détail, l’Iran affirme garantir un « passage sûr » aux navires répondant à ces critères. En parallèle, il indique avoir pris des « mesures nécessaires et proportionnées » pour empêcher toute utilisation du détroit à des fins hostiles.
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Cette distinction introduit une ligne claire : certains pavillons restent exclus. Les navires liés aux États-Unis, à Israël ou à leurs alliés engagés dans ce que Téhéran qualifie d’« agression » ne pourront pas bénéficier de ce régime. L’Iran considère comme « hostiles » les bâtiments apportant un soutien, qu’il soit militaire, logistique ou financier, à ses adversaires.
Une réouverture partielle dans un contexte de tensions
Depuis fin février, le détroit d’Ormuz était de facto fermé après des frappes américano-israéliennes sur le territoire iranien et la mort du guide suprême Ali Khamenei. Cette situation avait fortement perturbé le trafic maritime dans cette zone clé, par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.
Cette réouverture partielle ne marque pas un retour à la normale. Désormais, la liberté de navigation dépend explicitement des critères politiques et sécuritaires définis par Téhéran.
Pour les armateurs et les assureurs, cette nouvelle donne crée une incertitude majeure. La qualification de « navire non hostile » reste floue et pourrait concerner un large éventail de pays. Plusieurs États occidentaux redoutent que l’Iran n’utilise ce levier pour peser sur les flux énergétiques et commerciaux.
De son côté, Téhéran renvoie la responsabilité des tensions à Washington et à ses alliés, estimant que toute sécurité dans le Golfe doit désormais passer par une coordination avec ses autorités.


