Interdire le téléphone portable oui, surtout pour mieux gérer les élèves

Dans le cadre du projet de loi mettant en oeuvre le Grenelle II de l'environnement, les sénateurs ont décidé d'ajouter dans l'article 72, texte consacré aux "expositions comportant un risque pour la santé", que "dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l'utilisation par un élève d'un téléphone portable est interdite".
L'usage du téléphone portable est devenu pour les chefs d'établissement, des collèges et lycées surtout, un combat quotidien. "Aujourd'hui, il est vrai qu'on a du mal à gérer l'utilisation des téléphones portables, notamment pour la musique, le visionnage de films...Si c'était juste pour appeler les parents ça irait, mais le côté ludique est omniprésent", explique le chef d'établissement du collège Jules Solesse à Saint-Paul.
Certains voient dans ce projet de loi, une façon de conforter les règles déjà inscrites au règlement intérieur de l'établissement. "C'est une bonne chose. Ca représente un certain nombre de nuisances. Les enfants sont toujours tentés de l'utiliser, que les raisons soient bonnes ou pas. La plupart des établissements ont l'interdiction de l'utiliser dans les murs. On passe notre temps à les confisquer. Le téléphone est devenu un cordon ombilical. Cela va nous permettre de renforcer notre réglementation. Je ne suis pas spécialement répressif mais il faut gérer les dérives comme la tentation de tricher avec son téléphone", affirme le proviseur du lycée Pierre Poivre à Saint-Joseph.
Le téléphone portable devra être éteint, laissé à l'intérieur des sacs d'école, pour éviter à le jeunesse un trop-plein d'ondes électro-magnétiques. "Il est vrai que l'ambition de base est liée à la santé des enfants, il faut y penser aussi, mais en tant que chefs d'établissements on voit davantage les méfaits sur la conduite des élèves, leur comportement en classe et leur manque de concentration".
Le règlement intérieur l'interdit déjà
Dans les écoles maternelles et primaires, la problématique est moins grande. "Il arrive parfois que les enfants arrivent avec un téléphone à la main, mais c'est juste un oubli de la part des parents. On le met de côté pour la journée. Globalement je pense que c'est une bonne mesure", déclare la directrice de l'école maternelle Duparc à Sainte-Marie.
Le directeur de l'école primaire Gabriel Macé à Saint-Denis est plus mitigé : "Il m'est effectivement arrivé de trouver les enfants, surtout du CM1 et CM2, avec leurs téléphones portables mais l'usage est déjà proscrit, c'est dans le règlement intérieur. Du coup, je trouve cette loi inutile. Chaque école peut légiférer en la matière. Je préférerais qu'on se concentre sur des problématiques plus urgentes, que la loi permette par exemple d'augmenter le nombre de postes dans les écoles".
Pour un grand nombre de chefs d'établissement, les parents ont leur rôle à jouer pour empêcher les dérives. Selon un sondage TNS/Sofres publié cette semaine, les parents qui disent s'inquiéter de l'usage du mobile par leurs enfants en parlent peu avec eux. D'après les ados interrogés, c'est le choix du portable et celui du forfait qui sont les principaux sujet de discussions.


