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Injection illégale de botox : une condamnation certes, mais pas d'interdiction d'exercer

Ecrit par Lucas Candessoussens – le vendredi 31 octobre 2025 à 11H36
Photo d'illustration

Dans l'affaire dite des injections illégales de botox, la justice a reconnu coupables la médecin et l'infirmière qui pratiquaient cette intervention. Si les ordres des Médecins de La Réunion et des Infirmiers ont vu leur constitution de partie civile reconnue, l'interdiction de pratiquer n'a pas été retenue.

Plus d'un mois après l'audiencement du dossier, le couperet est tombé. Une médecin et une infirmière sont condamnées à un an de prison avec sursis pour avoir pratiqué illégalement des injections de botox.

Lire aussi : Injection illégale de botox ? Une infirmière et une médecin jugées à Saint-Denis

Pour rappel, l'infirmière monte en 2023 une petite affaire d'injection de botox. À la barre du tribunal, lors de l'audience, elle explique à la cour que la médecine esthétique était pour elle une "passion". Cependant, à l'époque déjà, son comptable lui signale qu'elle est en tort dans cette pratique car la présence d'un médecin qualifié est obligatoire.

C'est ainsi qu'elle se rapproche d'une généraliste de l'ouest de l'île, diplômée dans le privé et ayant reçu des cours sur la médecine esthétique. Cette dernière engage alors l'infirmière comme assistante médicale et la laisse pratiquer en parallèle son activité dans un local aménagé à cet effet.

Une décision satisfaisante pour l'avocat de la médecin

Leur commerce de beauté est révélé par la plainte d'un médecin professionnel du secteur. En 2024, il signale cette activité en tombant sur le compte Instagram de l'infirmière qui offre une prestation en deçà des prix du marché.

Ainsi, l'affaire est portée devant les tribunaux. Lors de leurs plaidoiries, les avocats de la défense tentent de démontrer que tout était fait dans les règles : la société de l'infirmière existait réellement, et cette dernière l'avait liquidée et cherchait à se mettre en conformité.

Maître Norman Omarjee, avocat de la médecin, explique qu'il y a eu effectivement des manquements des deux femmes. Toutefois, aucune victime physique n'est à déplorer, et la robe noire se dit satisfaite de la décision. En effet, il avait plaidé pour que le tribunal ne prononce pas d'interdiction de pratiquer.

Cependant, la médecin a été condamnée à un an de prison et 5 000 euros d'amende. L'infirmière, elle, à un an de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende.

La constitution en partie civile de l'Ordre des Médecins de La Réunion et de l'Ordre des Infirmiers est jugée recevable et ils doivent être dédommagés à hauteur de 700 euros et 1 000 euros par les deux femmes. Enfin, lors de l'audience de septembre, une ancienne cliente s'est aussi constituée partie civile : elle expliquait au tribunal s'être fait tromper, pensant pousser la porte d'un cabinet en plein droit d'exercice concernant les injections. Elle va être indemnisée au titre du préjudice moral à hauteur de 600 euros.

Etiquettes : Médecine

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