Industries agroalimentaires : des emplois plus stables qu’ailleurs, mais des disparités fortes selon les filières

Les industries agroalimentaires (IAA) représentent un quart de l’emploi industriel à La Réunion. Selon une étude réalisée conjointement par l’Insee et la DAAF, le secteur emploie 4/640 personnes en équivalent temps plein en 2022. Si les emplois y sont globalement plus stables et mieux rémunérés que dans le reste du privé, d’importantes différences subsistent selon les filières.
Parmi les principales caractéristiques mises en avant par l’étude, on note une part élevée de CDI : 82 % des salariés du secteur bénéficient de contrats à durée indéterminée, contre 76 % dans l’ensemble du secteur privé réunionnais. La transformation de viande affiche même un taux de 90 % de CDI, tandis que les fruits et légumes atteignent 70 % et le sucre seulement 64 %, du fait du caractère saisonnier de la campagne sucrière.
Les salaires horaires bruts sont eux aussi globalement supérieurs à ceux du privé (18,5 euros contre 17,3 euros en moyenne). Les rémunérations les plus élevées se retrouvent dans la fabrication de sucre (22,7 euros ), de boissons alcoolisées distillées (22 euros ) et des autres boissons (23,9 euros), portées notamment par une plus forte proportion de cadres ou d’ouvriers qualifiés. À l’inverse, les salaires les plus bas concernent la transformation de fruits et légumes (13,8 euros ) et la fabrication de pains, pâtes et biscuits (15,2 euros), deux secteurs qui emploient davantage de jeunes, de non-qualifiés ou de salariés en CDD.
Les centres de décision restent largement locaux
En termes de genre, les IAA restent très masculines : seuls 27 % des postes sont occupés par des femmes, contre 41 % dans l’ensemble du secteur privé. Cette proportion descend même à 17 % dans le sucre, alors qu’elle atteint 32 % dans les fruits et légumes et les produits laitiers.
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Autre point saillant, les établissements réunionnais sont de taille plus modeste que ceux de l’Hexagone. Un établissement IAA emploie en moyenne 15 salariés à La Réunion, contre 27 en métropole. Les plus grands établissements se concentrent dans le sucre, avec 82 salariés en moyenne, contre seulement 5 dans la transformation de fruits et légumes. Cette petite taille n’empêche pas une relative stabilité de l’emploi : 8 créations de postes sur 10 dans les IAA entre 2018 et 2022 l’ont été dans des structures pérennes.
Si l’emploi agroalimentaire reste concentré dans le Sud de l’île – où se trouvent notamment les abattoirs et plusieurs unités laitières –, l’Est accueille la majorité des emplois liés au sucre et au rhum, tandis que le Nord domine dans les autres boissons et l’Ouest dans les activités liées au poisson ou à l’alimentation animale.
Enfin, les centres de décision restent largement locaux. 98 % de l’emploi des IAA dépend d’unités légales régionales, contre 74 % en moyenne en métropole. Cette implantation régionale contribue à ancrer les décisions économiques sur le territoire, ce qui en fait un atout en matière de résilience économique et de développement de filières locales.


