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Incendie au Cap Lahoussaye : “J’ai perdu 45 tonnes de mangues”

L’incendie qui s'est déclenché dimanche au Cap Lahoussaye a brûlé plus de 200 hectares de savane, mais a également touché plusieurs exploitations arboricoles. L’un des agriculteurs concerné a vu près de 6 hectares partir en fumée, sur les quinze qu’il exploite.
Ecrit par Maxime Bonnet – le mercredi 4 octobre 2023 à 16H52
Armand Paulet a perdu 5 hectares avec l'incendie de ce dimanche

 

Le regard amer, Armand Paulet regarde les derniers pompiers asperger les quelque fumerolles encore présentes sur son terrain. Dimanche, il a vu brûler six hectares d’arbres fruitiers, sur les quinze qu’il exploite. Quelques pieds de pitaya, des combavas et surtout des manguiers ont été ravagés par les flammes. “Le pire pour moi, c’est la perte des mangues. On devait les récolter pour les fêtes et là on n'a plus rien. En plus, on ne va rien avoir l’année prochaine non plus et sans doute l’année d’après aussi”, explique l’agriculteur.

Installé depuis 1978, Armand n’a jamais vu une telle désolation dans ses cultures. “L’objectif pour l’instant, c’est de rétablir l’eau le plus vite possible pour sauver les arbres. On a besoin de les arroser tout de suite si on veut les sauver. Mais tout le système d’irrigation a brûlé, donc je dois le changer en urgence”, poursuit Armand. Un tel système d’irrigation coûte d’après lui au moins 40.000 euros, “et il n’y a pas d’assurance pour ça”, poursuit-il. Avec ses trois salariés, il tente déjà de remettre sur les rails son gagne-pain.

Les pompiers éteignaient encore ce mercredi matin les derniers points chauds

“Il faut que le Conservatoire du littoral gère son foncier”

Difficile d’estimer l’étendue des dégâts pour le moment, mais c’est le travail de plusieurs décennies qui est menacé. “J’ai perdu près de 45 tonnes de mangues, à multiplier par le nombre d’années où on ne récoltera rien. On tourne autour des 600.000 euros de perte de production”, témoigne l’agriculteur. “Le pire, c’est qu’en faisant de l’agriculture raisonnée, on a arrêté de désherber les pieds des arbres. Donc les arbres ont pris feu encore plus vite”.

Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, déplore le résultat, selon lui, d’un abandon de la savane depuis des années. “Dès qu’un terrain est en vente, le Conservatoire du littoral l’achète. C’est très bien, il faut préserver ce site exceptionnel. Par contre, il faut que le Conservatoire du littoral gère son foncier. Car les herbes s’accumulent avec les années, et avec la moindre étincelle, tout part. On interdit aux agriculteurs des barrières coupe-feu, mais par contre on laisse la savane croître pendant des années”, s’agace le président du syndicat agricole.

Depuis plusieurs années, le SDIS organise des opérations de “brûlage dirigé”, mais Armand Paulet regrette que rien ne soit fait pour mieux protéger les agriculteurs qui travaillent en bordure de la savane de l’Ouest.

Communiqué du CRGT à 17h20 : 
Sur la RN1A à Saint Paul, l’incendie au niveau du Cap Lahoussaye est toujours actif. La réouverture de la route n’est donc pas envisageable pour le moment.Un nouveau point sur la situation sera fait demain dans la matinée.

Etiquettes : Cap Lahoussaye | Incendie

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