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Ils quittent le RSI et le font savoir

Le Collectif des Syndicats et Associations Professionnelles de La Réunion poursuit son travail de sape contre le RSI. Un rassemblement sera organisé ce vendredi dans les jardins de la préfecture en même temps qu’une motion sera remise à Dominique Sorain. Quelques mois après avoir entamé des démarches pour sortir des registres du RSI, trois membres […]

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 27 mai 2015 à 07H08

Le Collectif des Syndicats et Associations Professionnelles de La Réunion poursuit son travail de sape contre le RSI.

Un rassemblement sera organisé ce vendredi dans les jardins de la préfecture en même temps qu’une motion sera remise à Dominique Sorain.

Quelques mois après avoir entamé des démarches pour sortir des registres du RSI, trois membres du collectif sont désormais prêts à faire partager leur expérience façon : je quitte le RSI et j’ai survécu.

Non seulement le collectif tente de persuader les professionnels du bien fondé économique de la démarche, mais leur parcours juridique est, assurent-ils, balisé par une directive européenne…que n’applique toujours pas la France.

L’envie de claquer la porte de l’organisme de cotisation n’a pas été prise sur un coup de tête. Le malaise est beaucoup plus profond. « La première cause de fermeture d’entreprises à La Réunion ce sont les charges, entre autres celles que fait peser le RSI », indique en guise de sombre constat Jean François Maillot, membre du CSAPR. Ces catastrophes sociales ont aussi mené des chefs d’entreprise au suicide, évoque à ses côtés Eric Marcely. « Payer nos cotisations oui, mais à fond perdu, non », amorcent-ils probablement l’un de leurs slogans.

L’exemple qui va suivre n’a pas nécessité beaucoup de recherches pour les trois membres du CSAPR. « Autour de nous, nous avons des anciens travailleurs qui ont cotisé pendant 40 ans et qui touchent une retraite de 153 euros », illustre Jean François Maillot. Une manière comme une autre de mettre la puce à l’oreille à tous ceux qui, aujourd’hui, cotisent par mimétisme, sans même avoir simulé leur future retraite. Le discours d’une retraite confortable, à la hauteur des efforts fournis une vie durant, est-il encore tenable par les institutions et les administrateurs du régime des indépendants ? Les membres du collectif ont déjà fait une croix sur ce modèle. « J’ai quitté le RSI il y a bientôt un an » indique pour sa part le gérant d’auto-école Eric Marcely. A ses côtés, Jean François maillot et Jean Noël Clain en suivent le chemin. Ils travaillent dans le bâtiment et les services. « Nos dossiers sont en cours d’instruction auprès d’un assureur privé », mentionnent-ils. Certains d’entre eux sont par exemple installés au Luxembourg, mais disposent d’un représentant localement.

L’obligation de contracter une assurance demeure

D’autres adhérents du collectif qui en sont à un stade plus avancé reçoivent toujours des rappels à cotisation, des mises en demeure de la part du RSI mais les réponses des cotisants sur le départ restent invariables, confortés par une directive européenne. « L’un de nos adhérents a présenté sa nouvelle attestation chez un autre assureur européen. II n’y a pas eu de réaction du RSI. Il faut dire que notre lettre était assez blindée au niveau juridique. Mais les démarches administratives sont longues », admet Jean François Maillot.

Sortir du système RSI tient aussi dans la promesse de réaliser des économies dans les charges de son activité. « D’après mes calculs, si je me réfère à mon bénéfice de 2014, je peux économiser environ 25.000 euros si je quitte le régime social des indépendants. C’est l’équivalent d’un emploi ou d’une somme qui peut être réinvestie dans du nouveau matériel », préfèrent le voir sous cet angle ces pionniers.

Si la mise en concurrence du RSI paraît donc salutaire pour ces exemples réunionnais, le collectif se garde bien de franchir la ligne jaune. La loi dit que ceux qui incitent les gens à quitter le RSI sont passibles de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. « On n’incite pas les gens à quitter le RSI. On ne fait que les informer qu’il y a obligation de s’acquitter d’une assurance sociale, quelle soit française ou européenne d’ailleurs. Mais on n’est pas obligé d’être au RSI ! » , n’en démord pas Eric Marcely.

Ce vendredi, une motion sera donc remise au préfet au cours d’un rassemblement informatif ouvert à tous ceux qui veulent en savoir plus. Le CSAPR compte localement 3.000 personnes plus ou moins intéressées à franchir le pas selon ces frondeurs contre l’organisme de protection sociale. « Les mises en demeure continuent de faire peur. »

Une motion similaire sera adressée aux administrateurs du RSI. « Il faut désormais que la France applique la directive européenne. Le problème est désormais politique. Le Premier ministre a reconnu il y a quelques semaines (31 mars) lors d’une interview que la gestion du RSI était un désastre. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On a l’impression que nos élus en ont rien à faire. Nos députés ne connaissent pas comment fonctionne le RSI. Ils ne connaissent pas non plus comment fonctionne une entreprise. S’ils se sentent concernés, qu’ils viennent. »

 

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