Revenir à la rubrique : Faits divers

Il harcèle son ex-femme, monte ses enfants contre elle: Un pervers narcissique condamné

C’est un profil de prévenu bien inquiétant qui s’est présenté ce jeudi devant le tribunal correctionnel de St-Pierre. Sympathique, charmant, intelligent côté pile. Manipulateur, sentiment de supériorité, absence d’empathie, côté face. L’homme d’une quarantaine d’années, fonctionnaire de l’Education nationale, accusé d’harcèlement, de menace et de violence sur son ex-femme, a tout du pervers narcissique.  Guillaume […]

Ecrit par Prisca Bigot – le vendredi 17 mai 2019 à 17H50

C’est un profil de prévenu bien inquiétant qui s’est présenté ce jeudi devant le tribunal correctionnel de St-Pierre. Sympathique, charmant, intelligent côté pile. Manipulateur, sentiment de supériorité, absence d’empathie, côté face. L’homme d’une quarantaine d’années, fonctionnaire de l’Education nationale, accusé d’harcèlement, de menace et de violence sur son ex-femme, a tout du pervers narcissique. 

Guillaume D a usé des pires stratagèmes pour maintenir sous son emprise son ex-femme mais aussi leurs deux enfants. Si les premières années de vie commune se déroulent sans encombre, la situation se dégrade au moment où Laurence tombe enceinte de leur premier enfant. Elle tente bien de partir à plusieurs reprises mais revient jusqu’à la séparation en 2008 et le divorce en 2014. Mais le lien n’est pas rompu, pour les deux enfants évidemment mais aussi parce qu’il ne la lâche pas et qu’il est parvenu à s’insinuer dans l’esprit de Laurence. Elle ne se voit qu’à travers ses yeux, son jugement nécessairement dévalorisant et l’empêche de construire de nouvelles relations amoureuses.

 

L’ombre de Virgile le Vigilant

Véhicule à plusieurs reprises dégradé, inscriptions injurieuses sur sa porte, excréments déposés sur son palier, insultes, menaces, violences…Guillaume D nie jusqu’à son identité en l’affublant d’un nouveau prénom.  

Hier face à la justice, le charme et la séduction n’ont pas opéré. A la barre, Guillaume D se montre pointilleux, parfois impérieux avec pour stratégie de remettre en cause chaque témoignage, chaque fait pour les retourner contre son ex-femme, elle « manipulatrice et menteuse ». Et cela quand ce n’est pas l’instruction du dossier mal faite ou les droits de la défense bafoués.

Au tableau des faits décrits s’ajoute un mystérieux personnage dont à l’issue de l’audience, l’existence réelle pose encore question. Les premiers mails de cet homme qui se présente comme un ami de Guillaume D arrivent en 2014. Au fil des échanges virtuels, entre eux nait une complicité, puis le début d’une histoire d’amour. « Virgile a été salvateur pour moi. Je me suis exagérément investie. Je me suis raccrochée à lui », reconnait Laurence, fragile. Pour autant l’homme semble en savoir beaucoup trop sur sa vie. Le doute s’installe. Son ex-mari se cache-t-il derrière ce Virgile? Voir cet homme en chair et en os fera même l’objet d’un chantage et d’un jeu perfide dans lequel Guillaume D pousse son ex-femme dans les bras du Virgile qui pourrait être un ami, un certain Patrick B.

 

Aversion des enfants pour leur mère

Pour atteindre Laurence, leurs deux enfants ne sont pas épargnés. L’école a reçu pour consigne de ne pas communiquer sur les enfants. Une expertise psychologique réalisée en 2015, alors père et fils résident en Nouvelle Calédonie, démontre l’emprise du père, qualifié de « vampire » sur la famille. 

A la barre, ce jeudi, Guillaume se retourne régulièrement vers ses enfants « pour montrer que lui a raison, que la justice est partiale… ». L’homme n’a fait preuve d’ « aucun début d’introspection ni de prise de recul », a pointé le procureur. 24 mois de sursis dont 6 de sursis, 3 ans de mise à l’épreuve ont été requis.  

« Ce n’est pas parce qu’il en a le profil, qu’il a fait ce qu’on lui reproche », a plaidé sa défense qui a également insisté sur des faits reprochés non caractérisés.

Au terme d’une audience de plusieurs heures, le tribunal a suivi les réquisitions. Guillaume D a également l’interdiction de porter une arme, de paraitre devant le domicile, d’entrer en contact avec la victime et devra l’indemniser de 7 000 euros. 

 

 

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Accusé du viol d’une mineure de 14 ans, l’accusé arguant s’être « laissé tenter » reste en détention

« Un viol barbare » a décrit le parquet général ce mardi matin dans le cadre d’un appel sur un placement en détention provisoire interjeté par un père de famille de cinq enfants accusé d’avoir abusé sexuellement d’une adolescente de 14 ans dont il était proche. L’intéressé s’en défend et invoque une relation consentie. Mais c’est méconnaître la loi de 2021 sur le consentement sexuel des mineurs de moins de 15 ans.

Des escrocs se font passer pour Big Morel

Pour fêter les 10.000 abonnés sur sa page Facebook officielle, le combattant réunionnais a lancé un concours afin de gagner une de ses paires de gants. Des esprits malveillants profitent de l’occasion pour tenter d’arnaquer des internautes qui pourraient se laisser piéger par la ressemblance.

Clip tourné à Fayard : Le rappeur Bofré invoque la drill plutôt qu’une incitation à la haine et finit en prison

Le 18 janvier dernier à Saint André, des habitants caillassaient des policiers intervenant sur des violences conjugales. Le lendemain, le rappeur Bofré publiait un clip vu comme un appel à la haine envers les autorités, entraînant son arrestation. Il a été condamné ce lundi à deux ans de prison, dont un avec sursis, et maintien en détention. Il est interdit de retour à Saint André après sa libération.

Domenjod : Un agent pénitentiaire frappé par un détenu

Un agent a été frappé par un détenu ce lundi matin au centre pénitentiaire de Domenjod. L’UFAP UNSA Justice tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme concernant les difficiles conditions de travail du personnel, liées au manque de personnel et à la surpopulation carcérale.