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Il déambule ivre dans la rue, une arme à la main et vise la police

Ecrit par Labrousse Régis – le dimanche 9 mars 2025 à 11H18

Un jeune majeur comparaissait pour des faits de violences avec arme commis le 19 janvier dernier à Saint-André. Armé d'un pistolet, il avait pointé son arme à deux reprises vers les policiers venus pour le maitriser. Par chance pour lui, les policiers ont fait preuve d'un sang froid remarquable ce soir-là en utilisant une arme semi-létale, un lanceur de balle de défense (LBD), afin de le maîtriser.

Il est 19 heures en ce jour de janvier 2025 lorsque les policiers du commissariat de Saint-André interviennent dans une cité de la commune suite à l'appel de riverains. Ils expliquent qu'un homme déambule très énervé dans le quartier, armé d'un pistolet. À leur arrivée, les agents lui demandent de poser son arme mais sans succès. Au lieu de ça, il pointe son arme vers les policiers à deux reprises. Alors que l'un d'eux entend l'enclenchement du marteau sur le percuteur, il décide de stopper le mis en cause par un tir de LBD à la poitrine. Le jeune homme tombe, se blesse en tombant mais se relève et tente de s'enfuir, mais est interpellé quelques mètres plus loin.

"Je n'ai pas brandi une arme sur les policiers"

Finalement, les policiers constatent qu'il s'agit d'un pistolet d'alarme de type 9 mm qui n'était pas chargé. Le jeune homme est placé en garde à vue et sera contrôlé à un taux de 2,36 g/l d'alcool. Jugé en comparution immédiate le 21 janvier dernier, il avait demandé un délai pour préparer sa défense. Finalement jugé ce lundi 3 mars, il ne reconnaît pas les faits. Comme il l'affirme, "je n'ai commis des violences sur personne et je n'ai pas brandi une arme sur les policiers". Le président lui rappelle alors ses déclarations de garde à vue où il reconnait les faits, ce à quoi il rétorque : "Ce n'est pas ma déposition ça, ce sont eux qui m'ont tiré dessus sans sommation"

Le prévenu poursuit malgré tout sur sa lancée : "J'ai crié, mais je n'ai en aucun cas visé quelqu'un", et de conclure : "C'est la consommation d'alcool qui m'a fait vriller". Le président lui rappelle alors que son casier judiciaire fait état de trois mentions dont des faits de violences et des refus d'obtempérer. Il relève au passage un certain comportement à l'égard des forces de l'ordre de la part du prévenu. La partie civile relève également "une intervention difficile avec une personnalité difficile du prévenu", et de conclure : "Ils se retrouvent face à un individu armé qui les vise, ils ont vu la mort en face".

"Les policiers ont été exemplaires"

"Il faut saluer l'énorme sang froid des deux policiers ce jour-là", poursuit le parquet, qui insiste : "Il est impossible de faire la différence entre une vraie arme et ce pistolet d'alarme. Ils auraient pu utiliser leurs armes de service mais ont décidé d'utiliser le LBD. Ils ont fait les bons choix pour le neutraliser alors qu'il s'est mis en grand danger. Les policiers ont été exemplaires". La procureure, qui relève des faits "particulièrement graves", requiert une peine de 2 ans de prison plus la révocation de 3 mois du sursis en cours. Elle demande le maintien en détention.

"Je suis abasourdi par les réquisitions du ministère public, c'est très cher payé", répond la défense qui tente d'expliquer les raisons du comportement de son client : "Il est hors de lui car un voisin a insulté sa mère. Le lendemain, il boit et fait une bêtise. Il prend ce pistolet d'alarme pour impressionner l'agresseur de sa mère, un pistolet d'alarme, pas une vraie arme. Il ne voulait faire de mal à personne. Si les policiers font le choix de ne pas sortir une vraie arme, c'est qu'ils ont pris la mesure de la situation. On demande deux ans ferme pour une bêtise, il faut le sanctionner c'est certain mais pas à cette hauteur, c'est déraisonnable", plaide la robe noire.

Après délibération, le tribunal reconnaît le prévenu coupable. Il le condamne à 18 mois de prison, révoque 3 mois du sursis précédent et prononce son maintien en détention.

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