"Hausse de 400 euros", "revalorisation du point d'indice" : quelles solutions pour les agents publics face au coût de la vie ?

Hausse des prix, salaires en berne, réponse politique jugée hors sol. Dans un communiqué, la FSU tire la sonnette d’alarme et esquisse le portrait d’un service public qui encaisse, encore, pendant que le coût de la vie s’emballe. Mais donne aussi quelques pistes d'amélioration...
Dans son communiqué de ce mardi 7 avril, la FSU ne prend pas de détour. "La guerre au Moyen-Orient a produit une augmentation brutale et massive des prix des énergies", écrit-elle, pointant une hausse "profitable aux multinationales, mais entraînant une hausse du coût de la vie que le gouvernement laisse filer".
Le ton est donné. Et il est moins question de géopolitique que de quotidien.
Travailler… et payer pour travailler ?
Car derrière les grandes tensions internationales, ce sont des gestes très concrets qui changent. Aller travailler, par exemple, devient plus cher.
"Les personnels de la Fonction publique prennent de plein fouet les effets de cette nouvelle crise inflationniste", insiste le syndicat.
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Et pour cause. Les salaires, eux, n’ont pas suivi. "Les traitements indiciaires des agents ont perdu près d’un quart de leur valeur en euros constants en vingt-cinq ans." Une phrase qui résume, à elle seule, des années de gel, de stagnation, de petites mesures sans lendemain.
Résultat presque absurde des agents qui doivent "mettre encore la main à la poche pour aller travailler au service de l’intérêt général".
Quand le salaire passe sous le minimum
Le paradoxe devient plus brutal encore quand les chiffres entrent dans la danse.
À partir de juillet, certains agents pourraient être payés en dessous du SMIC. Littéralement.
Une adjointe administrative verra son traitement "inférieur de près de 9 euros". Un technicien "à plus de 4 euros en dessous du SMIC". Un assistant ingénieur, pourtant diplômé, commencera "avec traitement indiciaire brut inférieur de plus de 23 euros".
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Des écarts minuscules sur le papier, vertigineux dans ce qu’ils racontent.
"Leurs métiers sont essentiels pour toute la société, ils doivent être reconnus et justement rémunérés", rappelle la FSU.
Le télétravail, réponse à côté
Face à cette équation compliquée, la réponse politique laisse perplexe.
"Pour l’heure, la seule réponse du ministre est d’envisager le recours accru au télétravail", déplore le communiqué, qui y voit "un effet d’annonce déconnecté des réalités".
Car beaucoup d’agents publics n’ont pas cette option. Ils sont sur le terrain, dans les écoles, les hôpitaux, les services sociaux. Là où l’on ne peut pas cliquer pour remplacer une présence.
Urgence
Au fond, ce que dit ce texte, c’est une fatigue. Une accumulation.
La FSU appelle à "des mesures fortes de maîtrise des prix", mais aussi à une revalorisation massive des salaires. Elle évoque une hausse de 400 euros mensuels et une revalorisation d’au moins 20 % du point d’indice.
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Et élargit encore le cadre. "L’urgence est aussi de sortir de la dépendance aux énergies fossiles", écrit-elle, liant pouvoir d’achat et climat dans un même mouvement.
Comme si, derrière la hausse du carburant, se jouait quelque chose de plus vaste : un modèle à bout de souffle.
Faire du 1er mai un "moment"
Dans ce paysage tendu, le syndicat appelle à transformer le 1er mai en journée de mobilisation. Pour les salaires, mais aussi "pour la paix" et "les droits des travailleuses et des travailleurs".
Une manière de relier les colères. Et peut-être de rappeler que les crises ne sont jamais abstraites. Qu'elles s’écrivent toujours dans des vies très concrètes. Et qu’ici, déjà, elles commencent à peser lourd.


