Groupe Bernard Hayot : une enquête judiciaire ouverte pour escroquerie, abus de position dominante et entente

Le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire visant le Groupe Bernard Hayot. Le leader de la distribution aux Antilles est soupçonné d’escroquerie en bande organisée et d’abus de position dominante, sur fond de contestation persistante du coût de la vie dans les Outre-mer.
Une information judiciaire a été ouverte par le Parquet national financier contre le Groupe Bernard Hayot (GBH) pour des faits qualifiés d’« escroquerie en bande organisée » et d’« abus de position dominante ». Cette procédure intervient dans un climat de fortes tensions autour du rôle du groupe dans l’économie ultramarine, régulièrement accusé de contribuer à la vie chère aux Antilles et à La Réunion.
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Parallèlement à cette enquête pénale, plus de 500 plaintes ont été déposées contre GBH pour entente et abus de position dominante, illustrant l’ampleur des griefs portés contre le groupe, comme l’a relayé Guadeloupe La 1ère sur les réseaux sociaux .
Un groupe dominant au cœur des critiques
Présent à travers de nombreuses enseignes de grande distribution et d’équipement, dont Carrefour, Mr. Bricolage ou Decathlon, le Groupe Bernard Hayot a réalisé près de 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023. Ses détracteurs lui reprochent des marges jugées excessives dans un contexte de concurrence limitée, selon des analyses relayées par Transparency International France, à l'origine du signalement.
Le groupe conteste fermement ces accusations. Son directeur général, Stéphane Hayot, affirme que GBH n’est « en aucune manière en position dominante » et souligne l’existence de plusieurs acteurs indépendants sur le marché martiniquais. Il met également en avant les contrôles réguliers exercés par les services de l’État, estimant qu’aucun abus n’aurait été constaté à ce stade.
Une enquête parallèle sur des pratiques de lobbying
Au-delà du volet pénal, une autre procédure vise le groupe sur le terrain de la transparence. Le 21 février 2025, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a ouvert une enquête à la suite d’un signalement de Transparency International France, portant sur de possibles pratiques de lobbying non déclarées.
Selon l’ONG, plusieurs rencontres entre Bernard Hayot et des responsables politiques en charge des Outre-mer n’auraient pas été déclarées, dont des réunions avec le ministre délégué Jean-François Carenco. Des échanges institutionnels, comme l’audition de Stéphane Hayot devant une commission d’enquête parlementaire sur le coût de la vie en 2023, sont également évoqués, tout comme l’absence d’inscription du groupe et de certains de ses relais dans le registre des représentants d’intérêts.
Des procédures judiciaires multiples
Sur le plan civil et commercial, GBH est également confronté à plusieurs contentieux. Quatre personnes ont assigné le groupe devant le tribunal de commerce en novembre 2024, notamment autour de la non-publication de ses comptes annuels depuis 2018, selon Le Monde. Dans ce cadre, Bernard Hayot a été condamné à verser 6 000 euros aux lanceurs d’alerte au titre des frais de procédure.
Face à ces mises en cause, le groupe a déposé des plaintes pour dénonciations calomnieuses. Stéphane Hayot justifie cette démarche par la volonté de défendre l’honneur des salariés et collaborateurs du groupe, qu’il décrit comme « impliqués et honnêtes ».
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Un enjeu économique et politique majeur
Ces investigations s’inscrivent dans un débat plus large sur la concentration économique dans les Outre-mer. Le rachat du groupe Vindémia à La Réunion par GBH a ainsi été cité à l’Assemblée nationale comme un exemple des problématiques liées à la domination de certains acteurs dans les territoires ultramarins.
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Si la polémique a été relancée par une enquête publiée en janvier 2025, certains avocats ont rappelé que les qualifications pénales avancées constituent des accusations graves, nécessitant des preuves solides pour être établies.
À ce stade, les enquêtes se poursuivent. Le groupe Bernard Hayot continue de contester l’ensemble des accusations, tandis que les procédures engagées pourraient avoir des répercussions majeures sur la régulation économique et la lutte contre la vie chère dans les territoires ultramarins.


