Nos députés devront repasser pour lever le voile sur les marges du groupe Hayot

Face à eux, quatre députés réunionnais et d’autres parlementaires ultramarins dont Johnny Hajjar, député martiniquais et rapporteur de la commission d’enquête portant sur le coût de la vie.
Lors de son intervention, le député réunionnais Philippe Naillet a notamment déploré le manque de transparence de GBH qu’il tient du rapport rendu public en 2022 par l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OPMR). Celui-ci relevait que la quasi totalité des dirigeants des acteurs de la distribution généraliste avaient accepté de fournir un inventaire précis avec leurs chiffres d’affaires respectifs mais que GBH avait refusé.
"Une opacité entretenue qui sous-entend que vous avez des choses à cacher", en a conclu le député de la 1ère circonscription de La Réunion.
Interpellé par Frédéric Maillot se rappelant d’une promesse de GBH en 2020 lors de son rachat de Vindémia, Stéphane Hayot, directeur général du Groupe Bernard Hayot, a confirmé au député de la 4ème circonscription que ses magasins avaient bel et bien appliqué cette "promesse de campagne", telle que venait de la qualifier non sans ironie Frédéric Maillot.
"Nous n’avons pas baissé de 4% les prix dans nos magasins repris mais de 7%", est même allé plus loin Stéphane Hayot aux côtés de Michel Lapeyre, directeur général de GBH Océan Indien et de Christophe Bermont, directeur des magasins GBH Carrefour en Martinique.
"Nous sommes en position dominante nulle part"
Karine Lebon a quant à elle choisi d'énumérer une à une les entreprises de GBH à La Réunion pour illustrer à quel point la multinationale occupe beaucoup de segments dans l'économie, de l'alimentaire en passant par les concessions auto jusqu'aux pièces détachées. Une entreprise née en 1960 et présente à ce jour dans 17 territoires dont l’île de La Réunion depuis 1984.
"Nous considérons que nous sommes en position dominante nulle part. La positon dominante c’est une position qui vous permet d’agir sans vous préoccuper de vos concurrents ou de vos clients. Dans aucun cas nous ne sommes dans ce cas-là", lui a répondu Stéphane Hayot.
Face à cette salve de questions des députés, les dirigeants d’Hayot ont notamment appelé les collectivités régionales, qui fixent le taux de l’octroi de mer, à ajuster certains d’entre eux pour répondre aux attentes des consommateurs sur la baisse des prix.
Les conclusions de cette commission d'enquête doivent faire l'objet d'un rapport qui sera rendu public en août.
Voici un extrait des interventions de ce mercredi après-midi à l’Assemblée nationale :


