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"Grand homme… Monument… Modèle" : La ronde des hypocrites

Ecrit par zinfos974 – le lundi 14 novembre 2016 à 10H24

J’écris souvent des rubriques nécrologiques mais, vous vous en doutez, ce n’est pas de gaîté de cœur. Cependant, il me paraît indispensable d’honorer la mémoire de quelqu’un que je connaissais et qui s’en va.

On m’a beaucoup demandé pourquoi j’étais le seul à ne pas avoir écrit à propos de Paul Vergès. A ceci, je répondrai que d’abord, je ne le connaissais pas bien. Je l’ai combattu, comme j’ai combattu son parti et ses membres les plus actifs. Je ne le connaissais pas pour autant.

Un poète a écrit que si « l’amour rend aveugle, la haine rend lucide ». Or, je n’ai jamais eu assez de haine (ni même un peu) pour l’homme : je combattais ses idées.

Ce n’est pas pour autant que je vais non plus en dire du bien, moi le « valet de l’impérialisme », le « suppôt de l’impérialisme », le « chantre du colonialisme », parce que Léonus était mon grand-oncle, je suppose ? Mais je ne me voyais pas en dire du mal alors qu’il vient de disparaître, pour ne pas ajouter à la peine des siens ; et parce que Pierre est de mes amis.

Je ne comprends pas plus aujourd’hui que ses pires ennemis en dressent un panégyrique honteux. Ils ne trouvent pas assez de mots pour être plus élogieux que le voisin. Ces tartuffes de bas étage ont passé leur temps à l’insulter, l’injurier, le traîner dans la boue. Aujourd’hui ? Il en font un demi-dieu.

Je souhaite bonne santé à l’ami Henri Dalbos : il est le seul à ramener les choses à ce qui lui semble être de plus justes proportions. Il doit avoir les oreilles qui sifflent et ce ne sont pas des acouphènes.

Jules Bénard

 

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