Gestion du chikungunya : Belim, Ratenon et Maillot demandent des réponses après un décès lié au vaccin

Après plusieurs effets indésirables graves liés au vaccin IXCHIQ contre le chikungunya à La Réunion, dont un décès, les parlementaires Jean-Hugues Ratenon, Audrey Belim et Frédéric Maillot montent au créneau. Ils réclament la suspension de la campagne vaccinale, l'ouverture d'une enquête parlementaire et des mesures urgentes pour renforcer la lutte anti-vectorielle.
Jean-Hugues Ratenon : "Nous ne sommes pas les cobayes de Paris !"
Le député de la 5ᵉ circonscription de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon, tire la sonnette d'alarme après la survenue de plusieurs effets indésirables graves et d’un décès lié au vaccin IXCHIQ contre le chikungunya. Il réclame la suspension immédiate de la campagne vaccinale sur l'île et l'ouverture d'une enquête indépendante.
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Le parlementaire dénonce également la réduction drastique des moyens humains alloués à la lutte anti-vectorielle. "Avec moins de bras sur le terrain, il était évident que le risque allait exploser", fustige-t-il. Il accuse les autorités d’avoir misé sur une vaccination "à marche forcée" au lieu de renforcer les dispositifs de terrain.
Jean-Hugues Ratenon exige en outre la reconnaissance officielle que les Réunionnais ont été mis en danger et demande la démission du directeur de l'ARS, Gérard Cotellon. "Nous ne sommes pas les cobayes de Paris ! Sortons de cet esprit colonial !" conclut-il.
Audrey Belim : "Faire toute la lumière sur les défaillances"
Face au retrait des plus de 65 ans de la campagne vaccinale et aux effets secondaires signalés, la sénatrice Audrey Belim (PS) réclame la création d'une commission d’enquête parlementaire.
Dans un communiqué, elle exprime sa solidarité avec les familles touchées : "Leur douleur est la nôtre et celle de toute La Réunion." Audrey Belim s'interroge sur la recommandation de la Haute Autorité de Santé (HAS) du 5 mars dernier, qui ciblait en priorité les seniors, et demande des explications claires sur l'absence d'anticipation des risques.
La sénatrice dénonce aussi le manque de réactivité des autorités sanitaires, la diminution des contrats aidés pour la lutte anti-vectorielle et le déficit d'information de la population. Pour elle, la politique de surveillance n’a pas été à la hauteur des enjeux : "Les récents décès montrent que notre politique sanitaire n’a pas été à la hauteur."
Audrey Belim insiste : toute la lumière doit être faite pour éviter que les erreurs du passé ne se reproduisent, alors que l'île pourrait être confrontée à de nouvelles épidémies.
Frédéric Maillot : "Une parole publique claire est attendue"
De son côté, le député de la 6ᵉ circonscription, Frédéric Maillot, appelle le gouvernement à plus de transparence et à un renforcement des moyens pour lutter contre l’épidémie de chikungunya.
Dans un courrier adressé au ministre de la Santé, il alerte sur la perte de confiance de la population après la suspension partielle de la campagne vaccinale. Selon lui, il est urgent que les autorités expliquent "les raisons objectives" ayant conduit à ce changement de stratégie, et que soit instauré un suivi sanitaire systématique des personnes vaccinées.
Frédéric Maillot demande aussi l'augmentation immédiate des contrats aidés pour renforcer la lutte contre les moustiques, la distribution gratuite de kits anti-moustiques, et le renforcement des budgets locaux pour financer des actions de prévention.
Interpellant directement le gouvernement, il s’interroge : "Faut-il continuer à se faire vacciner, compte tenu de la décision de la HAS ?". Pour lui, la lutte contre le chikungunya doit rester une priorité nationale.


