Gestion de l’eau : La réutilisation de la ressource va s’accélérer à l’avenir

Deux jours de discussion, une vingtaine d’intervenants et une question : comment mettre en place une gestion durable et apaisée de la ressource en eau à La Réunion ? Voilà le programme chargé des Rencontres de l’eau, version 2024. Organisées par l’Office de l’eau Réunion, qui dépend du Département, ces journées d’échanges doivent permettre aux différents acteurs de la gestion de l’eau de se rencontrer et de cerner les enjeux de cette question pour l’avenir.
La question de la multiplication des épisodes de sécheresse ou fortes chaleurs suite au réchauffement climatique risque de rendre encore plus difficile l’accès à l’eau dans notre département. Sa récupération et sa réutilisation semblent donc des solutions indispensables pour s’assurer une bonne gestion de la ressource.
Les “eaux grises” pour faire du béton ou de l’arrosage des espaces verts
Parmi les grands chantiers de cette question, Le Port a fait le choix d’investir dans un ambitieux programme de réutilisation des eaux issues des stations d’épuration pour certains usages. L’objectif est ainsi de réduire l’utilisation de l’eau potable tout en utilisant une ressource qui aurait dû être rejetée dans la nature. “Cette eau, qui est retraitée et filtrée, pourrait être réinjectée dans un réseau pour arroser les terrains de foot ou les espaces verts. Cela permet de préserver la ressource, notamment dans les nappes phréatiques. En Australie, en Israël ou en Californie, on réutilise même cette eau pour la consommation”, souligne le maire du Port, Olivier Hoarau.
Cette décision va forcer la ville à investir dans un réseau parallèle, ce qui permet aussi de réfléchir à l’entretien des réseaux déjà existants. Une canalisation qui fuit, c’est une eau plus chère pour le consommateur. D’où l’effort fait par les intercommunalités pour tenter de réduire les pertes. “Dans certaines communes, on est à 60% de performance. Ce qui veut dire que sur 100 litres, 40 sont perdus dans la nature avant le robinet des habitants. Au Port, nous sommes à 80-83%. Mais, il ne faut pas que les efforts pendant des années des uns soient annihilés, car d’autres n’ont pas fait d’effort”, poursuit l’édile.
Un avis que partage la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, qui confesse une rentabilité “entre 65 et 75%” sur les réseaux de la Cinor. D’ailleurs, le chef-lieu tente lui aussi l’expérimentation sur les eaux grises. “La station du Prado produit également des eaux similaires. Nous ne mettons pas en place un réseau comme au Port, nous allons plutôt utiliser les camions citernes de la commune pour transporter l’eau et l’utiliser pour arroser des espaces verts”, explique Ericka Bareigts.


