Garance : Les élus réunionnais interpellent Manuel Valls sur l'urgence des moyens

À La Réunion, où le cyclone Garance a semé la désolation, Manuel Valls a débuté une visite de terrain auprès des sinistrés et des forces mobilisées. Sa première journée marathon s'est achevée ce jeudi soir à la préfecture, face aux élus, pour coordonner la reconstruction.
Une semaine après le passage du cyclone Garance, qui a durement frappé La Réunion, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, est en visite officielle sur l'île depuis ce jeudi 6 mars.
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Dès son arrivée sur l'île, Manuel Valls a démarré un programme intense. Il a d'abord pris part à une réunion à la sous-préfecture de Saint-Benoît afin de faire le point sur la gestion de crise et l'état des infrastructures. Cette commune, parmi les plus touchées par Garance, a été le théâtre d'un premier échange avec les forces de sécurité mobilisées depuis la catastrophe.
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Dans l'après-midi, le ministre a annoncé la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour l'ensemble de La Réunion, répondant ainsi à une attente forte des habitants et des collectivités locales.
Il a également visité une exploitation de canne à sucre à Bras-Panon pour évaluer l'impact du cyclone sur la filière agricole, avant de se rendre dans le quartier des Caricubes à Saint-Denis, où il a pu échanger directement avec des sinistrés.
Une écoute ministérielle, mais des élus en quête d’actes concrets
La journée de Manuel Valls s'est conclue ce jeudi soir à l'hôtel de préfecture, où il a retrouvé les élus locaux pour une réunion de travail. Ce rendez-vous a été l'occasion d'aborder les priorités de la reconstruction et les mesures d'urgence à mettre en place. Si les élus réunionnais ont salué l’écoute de Manuel Valls, ils n’ont pas caché leur impatience face à l’ampleur des besoins.
Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a insisté sur le manque de moyens des collectivités : "On est encore en train de payer le cyclone Bélal – 16 millions d’euros de dégâts pour seulement 325.000 euros de l’État. Avec Garance, ça ne peut pas tenir. Il nous faut un fonds pour ces catastrophes". Elle a également plaidé pour un plan de protection des ravines et rivières, compétence de l’État, et proposé une convention territoriale pour définir des priorités climatiques. "Évidemment, un ministre ne promet pas, mais il a entendu le fait qu'on doit parler ensemble pour proposer des choses sur des priorités. Et la priorité climatique fait partie des priorités qu'il a identifiées", a-t-elle ajouté.
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Joé Bédier, maire de Saint-André, a mis l’accent sur la détresse sociale : "Les gens vivent dans des cases sans toiture avec des enfants. J’ai insisté là-dessus, et le ministre a écouté. Mais j’attends des actes, un fonds d’urgence rapide". Même tonalité chez Olivier Hoarau, maire du Port, qui a appelé à anticiper des cyclones plus violents : "Il faut des contrats aidés pour nettoyer les ravines et les communes, mais aussi un projet commun. On ne peut pas juste demander des fonds à chaque ministre".
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Serge Hoareau, maire de Petite-Île et président de l’Association des maires, a résumé le sentiment d’épuisement des élus de proximité : "Nous sommes fatigués, en première ligne sans tous les moyens. Les dispositifs d’aide sont archaïques face au dérèglement climatique. Il faut de la souplesse dans les procédures, sinon un prochain cyclone sera dramatique". Huguette Bello, présidente de la Région, a évoqué un fonds de solidarité exceptionnel, inspiré des 200 millions d’euros octroyés à la Nouvelle-Calédonie, tout en regrettant que "l’Hexagone n’ait pas assez pris en compte la situation". Ce dernier a été annoncé vendredi matin par Manuel Valls.
Logement, économie, agriculture : des priorités multiples
Cyrille Melchior, président du Département, a mis en avant l’urgence sociale et agricole : "Des familles sont en mode survie, des agriculteurs ont tout perdu. Il faut préparer l’avenir face à ces événements récurrents".
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Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, a déploré l’inaction sur les ravines et les contrats aidés, tandis que Frédéric Maillot, député de la 6e circonscription, a réclamé un délégué interministériel aux risques naturels et des normes de construction adaptées : "Les toits arrachés, ce sont des maisons récentes. Il faut revenir à des matériaux nobles".
Il a également réclamé la mobilisation de dispositifs spécifiques pour les Outre-mer comme le Fonds de solidarité Outre-mer, pour aider les personnes non-couvertes par un contrat d'assurance dans les zones à risques, "comme dans les quartiers du Bas de La Rivière, à La Colline, à Îlet Quinquina ou encore à La Marine". En complément, Frédéric Maillot demande aussi l’activation du Fonds de solidarité des régions ultrapériphériques (RUP), afin de permettre un accompagnement plus large et une réponse adaptée aux spécificités réunionnaises.
Philippe Naillet, député de la 1ère circonscription, a élargi le débat à l’économie et à la protection des biens : "Des petites entreprises n’ont plus de trésorerie. Il faut des reports de cotisations, de l’activité partielle. Et sur le logement, les plus modestes doivent être aidés à entretenir leurs biens".
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"Les réponses doivent vite arriver"
Manuel Valls, s’il n’a pas multiplié les annonces immédiates, reviendra dans un mois pour évaluer la situation. Il a évoqué un futur Comité interministériel des Outre-mer (CIOM) en juin pour des mesures supplémentaires et reconnu la nécessité d’un plan de relance. Sur les emplois aidés, il a indiqué vouloir convaincre la ministre du Travail, sans engagement ferme. Vendredi, il devrait préciser les contours d’un fonds de soutien aux communes et aux écoles, très attendu par les élus.
En quittant la préfecture, les élus oscillent entre espoir et prudence. "Il a entendu, mais les réponses doivent vite arriver", conclut Cyrille Melchior.
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