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Agriculture : l’impossible sortie de crise

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 3 mars 2025 à 17H38

Ils venaient à peine de se remettre de Belal et Garance est arrivé. Sur une exploitation de Bras Canot, les agriculteurs ne ressentent qu’une chose : de la colère.

« Nous ne quémandons pas », martèle la poignée d'agriculteurs qui nous ouvre les portes de leurs exploitations ce lundi matin. Ils ont vécu Garance avec l’anxiété de voir le travail d’une vie réduit à néant. Et les inquiétudes se sont confirmées : le météore a pulvérisé les récoltes.

« On a perdu facilement toute la récolte d’ananas et de bananes. Nous voulons que les élus se bougent. On n’est pas là pour mendier, on a planté tout cela avec nos fonds », explique Éric Boyer, l’un des exploitants de ces parcelles à Bras Canot. Lui et trois autres familles se sont réunis pour former une société. Marchant dans son exploitation, il constate les dégâts : les cannes sont allongées, les papayes en morceaux, les bananiers à genoux et les ananas gâtés. Bref, l’exploitation est ravagée.

Ne pas sectoriser les dégâts


Olivier Fontaine, fraîchement élu à la tête de la Chambre Verte, dresse un constat morose. « On se relève à peine de Belal », souffle-t-il. Présent à Paris avant l’arrivée de Garance, l’agriculteur bénédictin rappelle avoir interpellé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. « J’ai demandé la reconnaissance de l’état de calamité agricole. »

Depuis la levée de l’alerte rouge, Olivier Fontaine assure faire le tour des exploitants de l’île pour constater les dégâts. Impossible à chiffrer pour le moment. « On a besoin de trésorerie, on a un manque de main-d’œuvre […] On doit réagir et faire le nécessaire. »

Il appelle l’État à ne pas sectoriser les dégâts lors de la reconnaissance de calamité agricole, prenant pour exemple des agriculteurs de l’Ouest fortement impactés. Enfin, Olivier Fontaine rappelle que les indemnisations pour Belal tardent à tomber et que les agriculteurs venaient à peine de se relever. Sans compter la saison cannière « désastreuse », une autre à venir peu mirobolante et une sécheresse qui a laissé des séquelles.

Actionner de nouveaux leviers


L’exploitation à La Réunion accueille également le président des Chambres d’Agriculture de France, Sébastien Windsor, en compagnie de la directrice générale Isabelle Chmitelin. « C’est hors normes », répète Sébastien Windsor. « Il faut une action hors normes. »

Venu sur l’île pour constater les dégâts du cyclone, le président des Chambres Vertes se veut être un relais entre La Réunion et Paris. « Il faut des mesures d’urgence. Au-delà d’actionner les leviers habituels, il faut de nouvelles solutions. De manière urgente, et pas dans six mois. »

En attendant, faute de pouvoir compter sur leurs récoltes, les agriculteurs songent aux crédits qu’ils doivent rembourser, aux dégâts causés par la sécheresse, puis par Garance. Certains sont pessimistes, d’autres songent même à changer de profession.

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