Saint-André sous le choc de Garance : Joé Bédier réclame un fonds social d’urgence

Après le passage du cyclone Garance, la ville de Saint-André se mobilise pour rétablir les services essentiels et accompagner la population. Le maire Joé Bédier s'exprime en direct sur Facebook ce lundi 3 mars pour faire un point sur la situation et les actions en cours.
Ce lundi 3 mars 2025, le maire de Saint-André, Joé Bédier, a pris la parole sur la page Facebook officielle de la commune pour faire un point complet sur la situation après le passage dévastateur du cyclone Garance. Cette intervention, très attendue par les administrés, a permis de dresser un premier bilan des dégâts et d’informer la population sur les mesures en cours pour surmonter cette crise.
Un bilan lourd et une population en détresse
"Ce phénomène climatique a bouleversé notre quotidien", a déclaré Joé Bédier, en exprimant d’emblée sa solidarité envers "celles et ceux qui ont tout perdu". Les chiffres avancés par le maire témoignent de l’ampleur des destructions : plus de 80 toitures envolées, des maisons endommagées, des commerces comme le restaurant Le Beau Rivage ou Le Champ-Borne défigurés. Les agriculteurs et éleveurs, particulièrement touchés, luttent pour sauver plus de 100.000 volailles et leurs exploitations.


Une mobilisation municipale sans relâche
Dès l’annonce du cyclone, le maire a enclenché une réponse rapide. "J’ai déclenché dès le mercredi 26 février les réunions de travail préalables", a-t-il expliqué, soulignant que les équipes municipales travaillent "non-stop" depuis plus de quatre jours avec "un esprit de solidarité extraordinaire". Une cellule de crise, mise en place dès l’alerte rouge, a permis d’organiser les premiers diagnostics et interventions dès la levée de l’alerte violette, en coordination avec le préfet. "La priorité était la sécurisation des déplacements des secours, des entreprises comme EDF et la CISE, et des usagers", a-t-il précisé.
Trois centres d’hébergement – le lycée Jean Perrin, le CASE de la Rivière du Mât les Bas et le gymnase Michel-Debré – ont accueilli plus de 150 personnes. Depuis samedi, une cellule d’écoute sociale du CCAS accompagne les familles, notamment celles avec enfants, pour trouver des solutions de relogement. Face à l’ampleur de la tâche et au manque de moyens – seulement deux assistantes sociales pour 150 à 160 personnes –, Joé Bédier a sollicité l’aide du Département. "Le président Cyrille Melchior a compris la situation et va déployer des assistantes sociales supplémentaires", a-t-il assuré.
EDF et CISE pointés du doigt pour la lenteur du rétablissement
La mairie a distribué plus de 200 bâches aux familles sans toiture, mais les stocks sont épuisés. "Nous avons sollicité l’État pour en obtenir davantage", a indiqué le maire. Par ailleurs, les agents municipaux, malgré leurs propres pertes, ont dégagé les voies et accès stratégiques avec un "courage sans faille". L’appui de l’État, avec 30 membres du RSMA et 35 agents de la sécurité civile, ainsi que des entreprises privées, a permis de limiter le chaos. "Ces nettoyages vont prendre du temps, mais nous ne lâchons rien pour que Saint-André tourne la page du cyclone Garance", a promis Joé Bédier.


Sur le front de l’eau, 80 % de la commune est réalimentée, mais des zones restent en attente. "Nous avons mis un groupe électrogène à disposition de la CISE pour les points hauts", a-t-il souligné, ajoutant au passage qu'il n'avait "aucune nouvelle" de la part de la CIREST.
Concernant l’électricité, la situation est plus complexe, avec 10.000 foyers toujours sans courant. "Ce n’est pas de ma compétence", a-t-il rappelé, critiquant les lenteurs d’EDF et plaidant pour l’enfouissement des réseaux aériens, une mesure qu’il juge cruciale après cet épisode cyclonique révélateur des fragilités structurelles.
Un appel à la solidarité collective
Joé Bédier a insisté sur la nécessité d’un rééquilibrage territorial et de la mise en place d’un fonds social d’urgence pour aider les plus précaires, notamment les familles non assurées avec enfants. "Il faut une solidarité forte. Si la Région et le Département doivent revoir leurs priorités pour mobiliser des fonds, il faut le faire", a-t-il martelé. Remerciant l’État pour son soutien matériel et humain, il a appelé à une action collective pour réduire la vulnérabilité de l’île.
"Notre île est résiliente", a conclu le maire, promettant de nouvelles annonces pour faire avancer la reconstruction. En plaidant pour un fonds d’urgence et l’enfouissement des réseaux, Joé Bédier pose des exigences claires à l’État et aux collectivités. Saint-André, comme l’Est de La Réunion, refuse d’être oubliée.





