Furieux, il défonce sa porte, effrayée elle saute du 2ème étage

Il ne cesse de dire au président qu'ils étaient en couple alors qu'elle soutient n'être qu'une connaissance. Ce détail est d'importance compte tenu des faits qui lui sont reprochés. Afin de bien comprendre la situation, il convient de savoir qu'un différend existe depuis le début de l'année entre leurs deux familles. La mère et le frère de la victime ont déposé une plainte à leur encontre. "On était à sa maison, on a bu, on s'est disputé et elle m'a mis dehors car je l'ai menacée de mort et de mettre le feu" indique Dominique S. au président.
Quoi qu'il en soit, ce soir là, il est 22h30 quand il se présente chez la victime et, selon les témoignages, tout le monde l'entend hurler menaçant de mettre le feu chez la mère de la victime si elle ne retire pas sa plainte. La femme refuse d'ouvrir, ce qui entraine chez le prévenu une réaction quelque peu violente. Il défonce la porte d'entrée à coups de pieds. L'enregistrement audio d'un voisin rapporte 18 coups de pieds en 40s laissant imaginer le déchaînement de violence.
Comprenant que le danger est imminent, la victime décide de sauter du 2 ème étage
Comprenant que le danger est imminent, la victime décide de sauter du 2ème étage dans le jardin des voisins du rez-de-chaussée. Les voisins protègent et portent secours à la victime qui est prise en charge par les pompiers. Elle sera transférée au CHU de Saint-Pierre en neurologie compte tenu de son état. Les gendarmes sont également appelés mais le prévenu s'est enfui. Présente à l'audience et se déplaçant toujours avec des béquilles, la victime a une ITT de 45 jours temporaire, elle a subit 2 opérations et bientôt une troisième. Elle souffre d'un décalage de 7 mm au niveau des vertèbres cervicales. Elle présentait également un taux d'alcool de 0,30 mg/l d'air à 0h30 le soir des faits.
Interrogé sur la nature de leur relation, la victime nie formellement une relation intime avec le prévenu. "Sa déclaration c'est faux, elle ne veut pas assumer qu'on est ensemble" rétorque Dominique S. Pour la partie civile, tout est clair : "Elle a choisi la moins pire des décisions, vu son gabarit, elle a sauté ! On ne savait pas si elle pourrait remarcher". La procureur fustige la version de Dominique S. : "Si elle était consentante pour qu'il défonce la porte à cause d'un problème de clé, alors pourquoi a t-elle sauté ? Elle a peur et dès que la porte cède, elle saute ! Il a donné 18 coups de pieds en 40s ! Je demande une peine de 3 ans de prison, un maintien en détention et la révocation intégrale de son sursis mise à l'épreuve".
"Il reconnait les faits, on ne conteste pas mais, il y a des détails qui donnent un autre éclairage sur ce dossier !" assène Maître Jean-Christophe Molière. Elle dit ne pas le connaitre, mais il vient la voir elle ! Il est sorti de prison en février dernier, alors pourquoi attendre tout ce temps pour venir ? Elle a menti car certains voisins - il prend lecture des auditions de l'enquête - attestent qu'il y avait déjà des problèmes en début de soirée, donc, ils étaient bien ensemble !" plaide la défense. Au final, et ce malgré les éléments irréfutables apportés par le conseil de Dominique S., le tribunal prononce une peine de 3 ans de prison ainsi que le maintien en détention et révoque les 4 mois de sursis.


