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Protection de l'enfance : les dysfonctionnements du système dénoncés

Ecrit par S.F – le mardi 29 juillet 2025 à 17H54

De passage à La Réunion, le député François Ruffin a été convié ce mardi à une rencontre autour des violences intrafamiliales sur le territoire, aux côtés de la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, et de la députée Emeline K’bidi.

La rencontre s’est tenue dans les locaux de l’association EPA, à Montgaillard, qui agit avec le soutien de la Ville de Saint-Denis en matière de prévention des violences intrafamiliales. Tour à tour, les différents acteurs de la lutte contre les violences faites aux mineurs ont présenté leurs actions sur le terrain et pointé les dysfonctionnements persistants dans le système de protection de l’enfance.

“On m’a dit que j’étais une maman manipulatrice”

Au cours de cette réunion, François Ruffin a été interpellé par une victime directe de ce système défaillant, que nous appellerons Carole. Cette mère de famille a raconté son combat pour protéger sa fille victime d’inceste. Malgré de nombreuses démarches et appels à l’aide, l’auteur des faits n’a jamais été condamné. Pire encore, elle a été contrainte de respecter le droit de garde du père durant des années.

On m’a dit que j’étais une maman manipulatrice”, témoigne-t-elle avec émotion.

Violences conjugales, deuil, harcèlement : un engrenage

Des années plus tard, Carole est de nouveau confrontée à la violence, cette fois de la part d’un second compagnon avec qui elle a un autre enfant. Enceinte à nouveau, elle accouche prématurément après avoir été rouée de coups. Victime d’une septicémie, elle donne la vie, avant de perdre son enfant peu après la naissance.

Elle découvre ensuite que son compagnon est criblé de dettes. Employée bancaire, elle subit des pressions pour effectuer des opérations illégales. Après avoir alerté son employeur et les autorités, elle se retrouve de nouveau isolée. Une fois encore, elle doit respecter le droit de garde accordé à son ex-compagnon violent.

Carole demande aujourd’hui au député d’intervenir et d’ouvrir une enquête afin que justice soit enfin rendue.

“L’enfance en danger doit être une priorité”

Son histoire bouleversante illustre, selon les acteurs associatifs présents, la réalité vécue par de nombreux parents protecteurs sans réponse institutionnelle, qu’ils reçoivent et accompagnent quotidiennement.

François Ruffin a déclaré avoir pris le temps d’écouter chacune des interventions et a regretté l'absence d’un cadre global : “Il n’y a pas de plan de protection de l’enfance.” Il a notamment évoqué la possibilité d’agir sur le plan législatif. “Je pense qu’il y a des choses qui peuvent être faites en modifiant la loi, notamment les ordonnances de protection”, avise le député de la Somme.

Le député plaide également pour une meilleure coordination des institutions à travers une communication globale. “[Il faut] des circulaires envoyées par le garde des Sceaux à tous les procureurs du pays, stipulant que l’enfance en danger est une priorité. Il ne doit pas y avoir de sursis quand il y a le constat d’un délit sexuel, de violences sérieuses faites sur un enfant”, observe le fondateur du mouvement politique "Debout".

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