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Fausse agression terroriste au Port : Michel Eckert condamné à 2 mois de prison avec sursis

En novembre 2020, Michel Eckert affirmait être la victime d'une agression terroriste. Un important dispositif de recherches avait été déployé. Jusqu'à ce que le dénonciateur reconnaisse qu'il avait tout inventé, s'infligeant lui-même ses blessures. Le sexagénaire est jugé ce jeudi pour dénonciation mensongère. Il écope de 2 mois de prison avec sursis.

Ecrit par – le jeudi 08 juillet 2021 à 15H52

Michel Eckert, 60 ans, est un bon samaritain. En tous cas, c’est l’image qu’il aimerait que le public ait de lui.

Ses exploits sont si nombreux que l’on ne pourrait pas les citer tous ici. Sauf que la plupart ont été inventé de toutes pièces par cet employé du territoire de la Côte Ouest.

Il y a 3 ans, au Port, l’homme avait narré le sauvetage héroïque dont il venait, disait-il, d’être l’auteur. En ce jour de marché forain, à deux pas du Parc boisé, [l’éducateur canin expérimenté se vantait d’avoir sauvé une femme et ses enfants]urlblank:https://www.zinfos974.com/Le-Port-L-homme-pretendument-victime-d-une-attaque-terroriste-serait-il-un-mythomane_a162975.html encerclés par une meute de chiens.

Une autre fois, Michel Eckert descendait en rappel pour éviter qu’un parapentiste, dont la voile était restée coincée dans la végétation, ne fasse une chute de 40 mètres.
Un an plus tard, l’intéressé parvenait à désarmer, sans les toucher, trois dangereux agresseurs qui s’en était pris à une femme sur le parking de l’Ex Jumbo Score du Port.

En 2015, il affrontait seul deux vingtenaires qui s’apprêtaient à violer une joggeuse à l’entrée de la Zac 2000, au Port toujours.

Des exploits narrés… par lui-même

Seul point commun à ces exploits héroïques, ils étaient racontés par le sauveur lui-même – ou un anonyme – avec la particularité qu’aucun témoin direct ne puisse étayer ses dires.
Même chose au sujet d’exploits internationaux avec ses chiens, lorsque quatre personnes avaient retrouvées vivantes sous les décombres d’un tremblement de terre en Afghanistan en 1991, 21 autres en Turquie en 2002, sept en Indonésie en 2005.
Les spécialistes de ce type de sauvetage avaient tout de même fait part de leurs doutes, voire dénoncés des affabulations à l’encontre de celui qui a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2015.

Le tribunal ordonne une expertise psychologique

Jusqu’à ce 18 novembre 2020, où l’auteur auto proclamé de ces actes de bravoure s’était présenté au commissariat du Port, blessé au bras et à la main, suite à l’attaque terroriste dont il venait d’être victime à midi, avenue Rico Carpaye. Un homme vêtu d’une djellaba noire criant « Allah Akbar » l’avait menacé avec un couteau avant d’être désarmé par sa victime.

Un important dispositif policier avait été déployé dans la zone. Jusqu’à ce que le doute s’installe et que les enquêteurs découvrent que quelques jours avant la soi disant agression, Michel Eckert avait acheté lui-même le couteau dans un magasin de pêche du Port.
Il avait ensuite avoué avoir tout inventé et souffrir de mythomanie.

Il se déclare en dépression

Michel Eckert devait être jugé devant le tribunal correctionnel en février dernier. L’audience avait été renvoyée à ce jeudi en attendant les résultats d’une expertise demandée par le tribunal. [Entre temps, l’avocat du mis en cause avait tenté de faire annuler sa garde à vue]urlblank:https://www.zinfos974.com/Fausse-agression-terroriste-au-Port-la-garde-a-vue-de-Michel-Eckert-validee_a167905.html . Sans succès.

Devant le tribunal, il explique souffrir de dépression et avoir vécu un harcèlement moral au travail. « Je voulais me suicider, j’ai acheté un couteau pour mettre fin à mes jours. Je suis monté chez moi, j’ai pris mes cachets et ensuite, je ne comprends pas pourquoi j’ai fait tout ça« , déclare-t-il.

Le procureur rappelle de son côté que l’expert psychiatrique estime qu’au moment des faits, le jugement de Michel Eckert était altéré mais pas aboli. Le Parquet requiert donc 5 mois de prison avec sursis probatoire et une obligation de soins.

L’avocat de l’accusé rappelle que les faits qui sont reprochés à son clients correspondent à un délit considéré comme peu grave : « Lorsque mon client dépose cette fausse plainte, c’est pour attirer l’attention sur sa grande souffrance. Il a dégradé sa dignité volontairement et a fait ça pour se sauver lui-même face à tout ce qu’il a dû endurer dans sa vie. » Son conseil demande la relaxe car « la mauvaise foi n’a pas présidé dans l’attitude de son client. Son but n’était pas de troubler l’ordre social mais correspond à un moment de confusion mental. » S’il venait à être condamné, Michel Eckert demande à ce que la peine ne soit pas inscrite à son dossier afin qu’il ne perde pas son travail. Ce à quoi le procureur s’oppose.

Le tribunal le condamne finalement à 2 mois de prison avec sursis, la peine ne sera pas inscrite à son casier judiciaire qui reste donc vierge.

 

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