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Et c’est pourquoi Zemmour est grand

Ecrit par zinfos974 – le mardi 15 novembre 2016 à 15H34

Le regretté Alexandre Vialatte, certains s’en souviendront peut-être, terminait invariablement ses savoureuses chroniques, quel que fût le sujet qu’il y traitât, par cette ironique clausule : « Et c’est pourquoi Allah est grand ». Pourrait-il d’ailleurs de nos jours, sans attirer aussitôt sur lui les foudres de tous ceux qui, avec une vigilance très sourcilleuse, se sont donné la mission de traquer tous azimuts la moindre impertinence pouvant être considérée comme islamophobe, se le permettre encore ? Peut-être pas…

En tout cas, c’est ce titre imité de Vialatte que j’ai eu envie de donner à cette communication par laquelle j’aimerais faire partager à mes contemporains l’étonnement et l’admiration qui ont été les miens en découvrant, dans un petit livre d’Éric Zemmour dont je viens tout juste d’achever la lecture, les pages d’une surprenante actualité sur lesquelles je suis incidemment tombé. Il s’agit d’un essai intitulé « Le premier sexe », paru en janvier 2006 aux Editions Denoël.

Comment un ouvrage aussi essentiel, gorgé de tant de sucs nourriciers, avec ses rappels historiques ou ses aperçus sociologiques si opportuns, avec ses toujours judicieux renvois aussi bien à la grande littérature européenne (Balzac, Stendhal, Dostoïevski, René Girard, Pascal Quignard) qu’au cinéma ou à la publicité, avec ses très lumineuses mises en relation et en perspective, a-t-il pu ainsi m’échapper jusqu’ici ? Il était donc grand temps que je comble cette lacune très regrettable et j’invite ceux qui seraient dans mon cas à faire de même. Quant à ceux qui le connaitraient déjà, eh bien, qu’ils le relisent…

C’est un essai dans lequel Zemmour analyse, avec beaucoup de brio et une très grande acuité, l’évolution au cours des deux derniers siècles, en France et dans les autres pays occidentaux, des rapports entre les femmes et les hommes, tels qu’on peut les surprendre, les observer, les caractériser, dans toutes sortes de circonstances de la vie et sur toutes sortes de terrains comme ceux du mariage, du divorce, du travail, de l’éducation des enfants, du pouvoir économique et politique, etc.

Outre ses qualités d’analyse et de synthèse, ce petit essai possède aussi cette qualité précieuse propre à toutes les productions de l’essayiste : il est écrit dans une langue impeccable. Un style d’une grande clarté, souple et élégant, qui sait pourtant, quand il le faut, se montrer percutant. Foin chez lui de ce salmigondis indigeste, de ce charabia alambiqué et abscons qui règne en maître chez les Lacan, Bourdieu, Derrida et autres prétendus grands intellectuels. Tant, pour Éric Zemmour, cet amour de la France, lequel met sa plume en mouvement et le pousse à si vaillamment batailler, va également de pair avec un constant et scrupuleux souci de servir et d’illustrer de son mieux la langue française…

Mais il est temps, sans importuner plus longtemps mon lecteur avec des préambules qu’il pourrait finir par trouver oiseux, de lui fournir toutes les preuves palpables et tangibles de ce que je lui annonce.

D’abord la preuve la plus éclatante, celle que l’on trouve page 111, une page où Zemmour disserte sur l’attrait qu’exerce sur les électeurs américains une figure masculine forte comme celle qu’a incarné à l’écran un John Wayne, avec les lignes suivantes : « On peut être sûr que, pour la prochaine élection, si Hillary Clinton était la candidate choisie par le Parti démocrate, les républicains chercheraient comme remplaçant de George Bush le sosie de John Wayne. Et gagneraient encore. »

La seule chose qui, pour qu’elle soit complète, manque à cette assertion divinatoire, c’est seulement le nom du challenger victorieux de Mme Clinton, le nom de celui qui sera, face à elle, chargé par les républicains d’incarner la figure du mâle américain, c’est-à-dire, on le sait aujourd’hui, le nom de Donald Trump. Et, je le rappelle, ces phrases quasi prophétiques, c’est avant janvier 2006, il y a donc plus de 10 ans, qu’elles ont été écrites et publiées !

De même, et toujours dans le même livre mais cette fois-ci aux pages 34/35, notre essayiste se penche sur le cas Hollande. Nous sommes à une date où, on en conviendra, personne n’envisage encore que celui-ci pût un jour, pour notre malheur, se trouver placé à la tête du pays. Voici cependant le diagnostic très sûr et extraordinairement bien senti que déjà il nous fournit sur le personnage : « Il vient de remporter le référendum interne au PS sur la Constitution européenne. Il incarne à gauche la nouvelle génération, la relève, les cinquantenaires. Il veut être le Sarkozy du Parti socialiste. Il triomphe, plastronne… […] Au Parti Socialiste, François Hollande est justement brocardé pour sa rondeur, sa quête consensuelle, sa difficulté à décider, trancher ; un de ses surnoms est « Guimauve le conquérant ». Hollande raccommode et circonvient. Embrouille, brouille et débrouille ; très intelligent, il est doué d’un instinct de survie exceptionnel, mais il ne possède pas l’instinct de mort. Nul ne parvient à le tuer, mais lui non plus ne tue aucun de ses ennemis. Machiavel a écrit qu’un prince doit être à la fois renard et lion ; Hollande n’est qu’un renard. Il n’est pas un patron, mais un animateur ; il n’est pas un roi même en gestation mais un régent. Il possède peu de vertus viriles, mais toutes les qualités féminines. […] Dans le couple qu’il forme avec Ségolène Royal, c’est elle, corps élancé et port de tête impérieux, qui assène et ferraille… »

J’abrège mais, comme on le voit une fois de plus ici, on peut vraiment dire qu’il parle d’or, notre Zemmour. N’hésitons donc pas à le lire et à le relire sans modération !

André Pouchet, le 11/11/2016

 

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