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En cavale durant des mois, Eddy M. retourne en prison où "il dort bien"

Son évasion de la maison d’arrêt de Saint-Pierre le 9 juin 2022 avait fait grand bruit. Eddy M. a profité de sortir les poubelles pour prendre la clé des champs. Interpellé le 30 janvier dernier et après un renvoi, le trentenaire s’est expliqué ce mercredi à la barre du tribunal correctionnel.
Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 8 mars 2023 à 22H04

C’est sous bonne escorte qu’Eddy M. s’est présenté devant la justice. L’homme trapu est prêt à se livrer mais laisse quand même des zones d’ombre sur comment ou encore où il a vécu durant ces 6 mois de cavale. Plusieurs mandats d’arrêt délivrés à son encontre, la mise sous surveillance du domicile et du téléphone de sa compagne et de son père n’ont en effet pas permis de remettre la main sur ce détenu.

Eddy est incarcéré à la maison d’arrêt de Saint-Pierre depuis mai 2022. Alors qu’il vient de bénéficier d’un contrat d’emploi pénitentiaire, le trentenaire profite de sortir les poubelles pour s’évader. 

Un délit qu’il justifie par les menaces qu’aurait proférées la famille de victimes dans une précédente affaire. En novembre 2020, Eddy a notamment tiré avec un fusil sur ses voisins à la Plaine des Cafres. S’il est finalement arrêté et incarcéré, c’est pour des délits routiers. Les faits de violences ne seront jugés qu’en septembre dernier en l’absence d’Eddy.

Autre raison invoquée par le trentenaire devant le prétoire pour justifier de son évasion: la grossesse de sa compagne. Il l’apprend deux jours avant de s’enfuir et l'idée fait son chemin d’autant qu’elle a déjà fait une fausse couche. "Les menaces étaient réelles. Je savais qu’elle ne continuerait pas si j’étais dehors". 

"Là je suis en prison, je dors bien"

En novembre dernier, il appelle le commandant de gendarmerie de la Plaine des Cafres avec le téléphone de sa compagne qui a entretemps accouché. Mais malgré les conseils du militaire, Eddy ne se rend pas. 

C’est par hasard que le fugitif est interpellé. Un gendarme en civil le reconnait dans une rue du Tampon le 30 janvier. Eddy tente à nouveau de fuir mais est rapidement rattrapé. En sa possession sont retrouvés deux plaquettes d’Artane et 335 euros. L'utilisation détournée des médicaments l' "’aide à garder mon sang froid", explique-t-il, avouant avoir fait un séjour en hôpital psychiatrique et avoir été sous Seresta, un médicament utilisé pour faciliter le sevrage alcoolique. "Là je suis en prison, je dors bien", lance Eddy qui ne suit pourtant aucun traitement en prison. 

Sept mentions figurent à son casier judiciaire pour des faits de vol avec violence ou encore refus d’obtempérer. "Sa situation carcérale ne lui permet donc pas de prendre l’air" , note le parquet qui ne se satisfait pas de ses "auto-justifications". 1 an ferme et entre 4 à 6 mois de prison ferme sont requis par le ministère public. 

Des "réquisitions qui s’apparentent au physique de son client", défend Me Sameïdha Mardaye qui tente d’esquisser ses conditions de cavale. "C’est dur, il dort sur des rochers". 

Eddy dormira finalement encore 14 mois en prison pour ces faits d’évasion et de détention d’Artane. Il a en revanche de nouveau rendez-vous avec la justice le 6 avril car ayant fait opposition à sa condamnation en septembre dernier.

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