Dodo Trail : Maurice veut installer sa course dans la grande famille du trail de l’océan Indien

Moins long que le Grand Raid, mais réputé très technique, le Dodo Trail se déroule ce samedi 11 juillet à Maurice. Pour sa 14e édition, l’événement rassemble 3.021 participants, dont 127 Réunionnais, et confirme son ambition régionale.
À La Réunion, le Grand Raid reste la référence absolue de l’ultra-trail, avec ses longues distances, ses nuits blanches et ses traversées interminables. À Maurice, le Dodo Trail joue une autre partition. Moins long, mais particulièrement technique, l’événement veut s’imposer comme un rendez-vous complémentaire dans le sud-ouest de l’océan Indien.
Créé en 2011, le Dodo Trail dispute cette année sa 14e édition. L’événement, organisé par IBL, propose six courses, de 5 à 50 km. Au total, 3.021 coureurs sont inscrits cette année, dont 127 Réunionnais. Un chiffre qui illustre la volonté des organisateurs de faire grandir la course au-delà de Maurice.
“Le Dodo Trail se veut vraiment une plateforme de rassemblement pour les coureurs mauriciens, réunionnais, mais aussi pour des participants venus d’ailleurs”, explique Claire Coulier, directrice de la communication d’IBL. Des coureurs venus de France et d’Allemagne ont également fait le déplacement.
Une course courte, mais exigeante
L’épreuve reine, l’Extrem, affiche 50 km pour 3.500 mètres de dénivelé positif. Le point culminant du parcours atteint 828 mètres d’altitude. Le départ sera donné au Morne, pour une arrivée à Tamarin, avec un passage par les Gorges de la Rivière Noire. Ils seront 280 au départ de cette distance.
À l’échelle réunionnaise, 50 km peut sembler raisonnable. Mais les organisateurs insistent sur la nature du terrain. “Contrairement à La Réunion, où le Grand Raid s’inscrit davantage dans la distance, ici, le Dodo Trail se distingue par la difficulté et la technicité du parcours”, souligne Claire Coulier.
Nicolas Quéland, directeur de course, confirme cette identité particulière. “Beaucoup de Réunionnais viennent courir le Dodo Trail chaque année et ils trouvent la course très difficile par rapport à La Réunion”, explique-t-il. Racines, roches, boue, descentes glissantes et passages avec cordes font partie du décor.
Selon lui, plus de la moitié du parcours se déroule sur de petits sentiers. Certains traversent des propriétés privées, rarement accessibles le reste de l’année. “Ce ne sont pas des grands chemins ouverts toute l’année. Cela donne un aspect très sauvage aux sentiers”, précise le directeur de course.
Des Réunionnais parmi les favoris
Le Dodo Trail attire aussi un plateau relevé. Sur le 50 km, le grand favori local reste Simon Desvaux, vainqueur de plusieurs éditions et détenteur d’un record en 5 h 57 sur le nouveau parcours. Brian François-Fils, venu de Rodrigues, est également annoncé parmi les prétendants.
Côté réunionnais, Loïc Boyer sera à suivre. Il connaît bien l’épreuve, qu’il dispute pour la troisième fois, avec déjà plusieurs podiums à son actif. Chez les femmes, Anne-Marie John, également réunionnaise, reste une référence du parcours après trois podiums lors des dernières éditions. Jennifer Sauvage, habituée aux terrains techniques, fait aussi partie des noms à surveiller.
Pour les organisateurs, l’objectif est désormais clair : gagner en notoriété à La Réunion, en métropole et dans la région. Des liens pourraient même être développés avec des clubs et des courses réunionnaises. “Il y a beaucoup de complémentarités, car ce ne sont pas exactement les mêmes profils de course”, estime Claire Coulier.
Avec ses paysages mauriciens, ses sentiers fermés au public une grande partie de l’année et son format plus ramassé que les grands ultras réunionnais, le Dodo Trail cherche sa place : celle d’un trail régional, sauvage, technique et capable de rassembler les coureurs de l’océan Indien.







