Même aguerris, les élites réunionnaises redoutent le Dodo Trail

Habitués aux reliefs de La Réunion, plusieurs coureurs réunionnais élites participent ce samedi 11 juillet au Dodo Trail, à Maurice. Mais sur ces sentiers boueux, rocheux et parfois ouverts uniquement pour la course, l’expérience réunionnaise ne suffit pas toujours.
Ils connaissent les sentiers de La Réunion, ses montées raides, ses descentes cassantes et ses courses mythiques. Pourtant, à l’approche du Dodo Trail, plusieurs coureurs réunionnais abordent l’épreuve mauricienne avec une forme de prudence. Car ici, le terrain ne ressemble pas tout à fait à ce qu’ils ont l’habitude de rencontrer à La Réunion.
Le Dodo Trail, qui se déroule ce samedi 11 juillet à Maurice, attire cette année encore des traileurs réunionnais aguerris. Certains découvrent la course pour la première fois. D’autres savent déjà à quoi s’attendre. Tous décrivent, ou anticipent, une épreuve à part, plus courte que les grands formats réunionnais, mais particulièrement technique.
Jennifer Sauvage entre envie et prudence
Jennifer Sauvage fait partie de celles qui vont découvrir le Dodo Trail. La coureuse réunionnaise ne cache pas son envie, mais aussi une certaine appréhension. “J’adore le côté technique, j’adore crapahuter, mettre les mains”, confie-t-elle. Mais les récits des anciens participants l’ont prévenue : le parcours peut être risqué.
Elle évoque notamment les souvenirs racontés par d’autres coureurs, dont celui de Sylvaine Cussot, qui avait vécu une première participation mouvementée. “Sissi m’a dit qu’elle avait risqué sa vie en restant accrochée à une paroi et que Christopher avait fini sur les fesses”, rapporte Jennifer Sauvage. De quoi nourrir une prudence assumée. Son objectif, avant de penser au chrono, est clair : “arriver au bout, saine et sauve”.
Sylvaine Cussot revient avec prudence
Sylvaine Cussot, elle, connaît déjà la course. Sa première participation, en 2022, lui a laissé un souvenir très concret de la difficulté du terrain. Elle était tombée en haut du Piton de la Rivière Noire et s’était cassé des côtes, dans des conditions de visibilité compliquées.
Pour elle, Maurice propose un type de trail “comme on n’a nulle part ailleurs”. Les sentiers sont peu tracés, souvent privés, rarement empruntés par les randonneurs. Ils peuvent être glissants, raides, avec des cordes à la montée comme à la descente. Les chevilles sont mises à rude épreuve entre cailloux, racines et passages instables.
Cette année encore, la boue devrait être au rendez-vous après les pluies tombées avant la course. Sylvaine Cussot sait donc qu’il faudra s’adapter. Courir quand le terrain le permet, ralentir dans les portions exposées, utiliser les mains, parfois glisser sur les fesses, mais surtout arriver au bout sans dommage.
Une première contrariée pour Julie Avril
Julie Avril devait, elle aussi, s’aligner sur le 50 km. Mais une blessure survenue il y a quinze jours a remis en cause sa participation. La Réunionnaise prendra finalement le départ du 10 km, sans ambition de performance.
Pour elle, l’important est de vivre l’événement de l’intérieur et de partager l’ambiance du groupe. Même blessée, elle n’a pas voulu renoncer totalement. “Même s’il faut marcher, je serai là”, explique-t-elle.
Julie Avril n’a encore jamais participé au Dodo Trail. Elle avait envie de découvrir ce parcours dont on lui parlait comme d’une course “très particulière” et “très technique”. Ce ne sera donc pas pour cette année sur le grand format. Elle parle déjà de revanche et donne rendez-vous à l’an prochain.
Christopher Camachetty veut profiter davantage
Christopher Camachetty, lui, revient pour une deuxième participation. Lors de sa première expérience, il avait découvert un parcours très différent des sentiers réunionnais. Racines, boue, descentes techniques avec cordes, paysages sauvages : le Dodo Trail l’avait marqué.
Malgré les difficultés et les crampes, il avait terminé sur le podium. Cette fois, il aborde l’épreuve dans un autre état d’esprit. Moins concentré sur la performance, il veut davantage lever la tête, regarder les paysages et profiter de l’aventure, tout en restant prudent.
Pour décrire le parcours aux Réunionnais, il le compare à un mélange de plusieurs difficultés connues à La Réunion. Une descente technique qui peut rappeler certains passages redoutés de la Diagonale des Fous, des montées très raides, puis une succession de terrains variés. “C’est très polyvalent comme parcours”, résume-t-il.
Un terrain différent de La Réunion
Le Dodo Trail ne cherche pas à rivaliser avec La Réunion sur la longueur. Sa singularité se joue ailleurs : dans la technicité, les animaux, les racines, les cordes, les passages sauvages et les sentiers parfois ouverts presque uniquement pour l’épreuve.
Pour les coureurs réunionnais, habitués à un terrain déjà exigeant, le défi est donc différent. Le Dodo Trail impose une autre lecture de course, moins basée sur la distance que sur l’adaptation permanente au terrain.
Entre ceux qui reviennent avec leurs souvenirs, ceux qui découvrent avec prudence et ceux que la blessure oblige à revoir leurs ambitions, les Réunionnais abordent cette édition avec le même mot d’ordre : respecter le parcours mauricien. Car à Maurice, même les coureurs expérimentés savent qu’ils ne sont pas à l’abri d’une mauvaise surprise.


