"Deviens la femme que tu veux" : Saint-Denis lance un mois d’actions pour les droits des femmes

À Saint-Denis, la Journée internationale des droits des femmes ne se limite pas au 8 mars. La municipalité déploie durant tout le mois une série d’actions dans les quartiers, les écoles et les associations. Pour la maire Ericka Bareigts, cette mobilisation est d’abord un rappel. Les droits des femmes sont des conquêtes fragiles qui exigent vigilance et transmission.
Depuis quelques années maintenant, le 8 mars ne se résume pas à une date sur le calendrier dans la ville préfecture de La Réunion. C’est un point de départ. Devant l'Atelier du Bas-de-la-Rivière remplie d’élus, d’associations, d’artistes et d’habitants, la maire Ericka Bareigts a donné mardi 3 mars le coup d’envoi d’un mois entier consacré aux droits des femmes. Une mobilisation pensée comme une respiration collective, mais aussi comme un rappel politique.
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"Le 8 mars, pour nous, ce n’est pas qu’une célébration. Pour nous, c’est une vigilance", lance d'emblée l'édile. Le mot revient comme un refrain dans son discours. Vigilance face aux violences, vigilance face aux inégalités persistantes, vigilance face à l’illusion que les combats seraient terminés.
La mémoire des combats
La maire déroule alors le fil de l’histoire. Celui des luttes féministes, souvent longues et silencieuses. "Avant nous, des femmes ont dû arracher leurs droits", rappelle-t-elle. Le droit de vote, bien sûr. Mais aussi le droit de travailler librement, d’ouvrir un compte bancaire, de disposer de son corps.
Des conquêtes que l’on croit parfois anciennes, presque évidentes. Et qui pourtant sont récentes. "Le droit d’avoir un chéquier sans l’autorisation du mari, c’est dans les années 1970. Ce n’est pas si loin."
Sous la tonnelle, les regards se croisent. L’histoire est encore proche. Pour l’élue dionysienne, c’est précisément ce qui impose la vigilance. "Rien n’est jamais définitif. Ce que la loi a fait, une autre loi peut la défaire."
Trois générations face à face
Pour ouvrir ce mois de mobilisation, la municipalité a choisi un symbole simple mais puissant. Mettre face à face trois générations. Le conseil des enfants, le conseil des jeunes et le conseil des sages ont été invités à participer à la cérémonie. Une manière de rendre visible ce passage de relais entre celles et ceux qui héritent des combats et ceux qui devront les poursuivre.
"Le conseil des enfants nous rappelle que l’égalité s’apprend dès le plus jeune âge, explique la maire. Le conseil des jeunes nous interpelle sur les combats d’aujourd’hui. Et le conseil des sages nous rappelle que chaque droit obtenu l’a été au prix d’un engagement."
Car si les progrès sont réels, les obstacles demeurent.
Les violences faites aux femmes persistent. Les inégalités salariales aussi. Et de nouvelles formes de pression apparaissent, notamment sur les réseaux sociaux. "Le sexisme se transforme. Le cyberharcèlement explose. L’égalité progresse, mais ça résiste encore."
"Deviens la femme que tu veux"
Le mois des femmes à Saint-Denis s’articule autour d’un message simple. "Deviens la femme que tu veux." Une phrase qui tient lieu de manifeste. Pour Ericka Bareigts, elle résume une ambition essentielle. Permettre à chaque femme de tracer son propre chemin.
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"C’est la possibilité pour chacune de devenir ce qu’elle souhaite être. Mais cette liberté ne peut s’exercer seule, insiste-t-elle. Les combats se gagnent quand on est tous ensemble. Les hommes, les femmes, les parents, les enfants."
Dans sa vision, l’égalité n’oppose pas. Elle rassemble.
Une ville entière mobilisée
Durant tout le mois de mars, la municipalité promet une mobilisation dans chaque quartier de la ville. Du Bas-de-la-Rivière aux Camélias, de la Montagne au Moufia, de Saint-Clotilde à La Bretagne, rencontres, ateliers, initiatives culturelles et sportives vont se succéder.
L’objectif est clair. Faire descendre la question de l’égalité dans le quotidien des habitants. Dans les écoles, dans les associations, dans les centres sociaux, partout où la ville se construit.
"Nous allons être présents dans tous les quartiers", promet la maire.
La Dionysienne comme point d’orgue
Au cœur de ce programme, un événement cristallise l’enthousiasme. La Dionysienne. Une marche et course solidaire ouverte à toutes, qui devrait rassembler plusieurs milliers de participantes dans les rues de Saint-Denis.
"Trois mille femmes, trois mille histoires différentes, trois mille forces", sourit l’édile.
Le programme de ce mois consacré aux femmes : Journée internationale du droit des femmes 2026
Certaines se préparent déjà dans les quartiers, entre séances de sport improvisées et entraînements collectifs. Et les plus jeunes auront aussi leur moment. "Après les mamans, on fera courir les petites Dionysiennes."
Un kilomètre ou trois, selon l’âge. Courir ou marcher, peu importe. L’essentiel est ailleurs. Dans l’énergie collective.
"Quand les femmes s’épanouissent, la ville avance"
Au-delà de la symbolique du 8 mars, Ericka Bareigts inscrit cette mobilisation dans une vision plus large de la ville. Pour elle, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de droits. C’est aussi une condition du progrès collectif.
Ericka Bareigts : "Quand les femmes s’épanouissent, c’est toute la ville qui avance."
Les familles, les quartiers, la société tout entière. Et dans cette conviction, l’élue voit une promesse. "L’horizon est beau", glisse-t-elle en conclusion.
À condition, dit-elle, de continuer à marcher. Ensemble.


