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Carburant, replantation, importations : les agriculteurs obtiennent quelques avancées mais attendent toujours des réponses

Ecrit par Philippe Madubost – le jeudi 11 juin 2026 à 18H44
Emmenés par la FDSEA et les JA, les agriculteurs ont d'abord été reçus par le préfet ce jeudi matin.

À quelques semaines du début de la campagne sucrière, une quarantaine d'agriculteurs emmenés par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont rencontré ce jeudi 11 juin les représentants de l'État puis du Département avec une longue liste de revendications. Si des avancées ont été obtenues, notamment concernant l'aide à la replantation, les organisations regrettent l'absence de réponses concrètes, en particulier sur le prix du carburant.

Même heure, même endroit et, dans les grandes lignes, une liste de revendications proche de celle déjà portée par la Chambre d'agriculture en début d'année. Mais cette fois, l'urgence est renforcée par l'approche de la campagne sucrière, dont le lancement est attendu dans un mois.

« C'est la demande du terrain. Depuis janvier, il y a eu peu d'avancées. Si on est là aujourd'hui, c'est parce que les agriculteurs n'ont plus de trésorerie. Le prix du carburant, des engrais, de l'eau, tout augmente et aujourd'hui on ne s'y retrouve plus », résume Stéphane Sarnon, le président de la FDSEA. 

Le carburant toujours au cœur des inquiétudes

En première ligne des revendications figure le coût du carburant. « On demande un prix du GNR revu pour le début de la campagne. Aujourd'hui il est à 1,29 euro et nous souhaiterions qu'il passe sous la barre d'un euro avant le démarrage de la campagne », résume Jonathan Hoarau, président des Jeunes Agriculteurs. A ses côtés, on retrouve notamment le président de la chambre d'agriculture, Olivier Fontaine. 

Selon lui, le surcoût représente près de 100 euros supplémentaires à chaque plein, soit entre 3.000 et 4.000 euros de dépenses additionnelles sur une campagne sucrière, alors même que le prix de la canne reste inchangé.

À cette facture viennent s'ajouter la hausse des coûts de l'eau et des intrants, plaçant de nombreuses exploitations dans une situation financière devenue difficile.

Une longue liste de revendications

Au-delà du carburant, les syndicats réclament le versement des reliquats de la précédente campagne sucrière (environ 11 millions d'euros) et du solde de l'aide au transport, un meilleur accès des fruits locaux à la restauration scolaire, un accompagnement renforcé à l'installation des jeunes agriculteurs, le maintien de molécules phytosanitaires "adaptées" ainsi qu'une simplification des démarches administratives.

Président de la coopérative Anafruits et représentant de l'Arifel lors de la réunion, Gael Dijoux a porté les préoccupations des producteurs de fruits et légumes.

Lire aussi : "On est en train d'étouffer" : à l'approche de la campagne sucrière, les agriculteurs mettent la pression sur l'État

Il alerte notamment sur la menace du Fusarium TR4, le champignon responsable de la maladie de Panama, déjà présent à Mayotte et à Maurice et plaide pour un renforcement des dispositifs de prévention. Il demande également une adaptation des règles concernant les semences agricoles.

« On ne peut pas nous considérer comme un pays tiers pour l'exportation de nos fruits et comme un pays européen quand il s'agit d'importer nos fruits, légumes et semences. Il faut faciliter l'arrivée des semences. Il nous faut des outils et des armes pour travailler. », plaide-t-il. 

Les producteurs évoquent également les inquiétudes liées à une nouvelle baisse attendue des quotas dans la filière volaille ainsi que la concurrence jugée déloyale des importations.

Des avancées sur les paiements

À la sortie de la préfecture, la principale avancée concerne l'annonce du versement, sous une quinzaine de jours, des reliquats de la précédente campagne sucrière.

En revanche, sur le carburant, les discussions n'ont pas permis d'aller au-delà du dispositif existant de 15 centimes par litre, accessible sur demande des agriculteurs.

« On attendait un peu plus que ça. On pensait qu'ils avaient travaillé sur le sujet », regrette le président de la FDSEA, qui se dit « un peu déçu » à l'issue de la rencontre avec les services de l'État.

Le syndicat regrette également l'absence d'avancées rapides sur plusieurs autres dossiers, notamment les molécules phytosanitaires et les aides liées à la hausse du prix des engrais.

Une satisfaction à la sortie du Département

Quelques heures plus tard, la délégation a été reçue au Département par Bruno Robert et le directeur de cabinet de Cyrille Melchior.

Cette fois, les représentants agricoles sont repartis avec une annonce concrète : le déblocage de 1,5 million d'euros par la collectivité au profit du CTICS afin d'accélérer le paiement des aides à la replantation, alors que la FDSEA estime à plus de 300 le nombre de dossiers encore en attente de traitement.

Une rencontre entre le Département et le CTICS est également annoncée prochainement afin d'accélérer le règlement de ces dossiers.

Concernant la demande d'une aide spécifique sur les engrais, une réponse devrait être apportée la semaine prochaine en lien avec les services de l'État.

Malgré ces premières avancées, les organisations agricoles préviennent que sans réponses supplémentaires dans les prochains jours, elles sont prêtes à durcir leur mobilisation.

« S'il faut se mobiliser plus durement, on est prêts à le faire », prévient le président de la FDSEA.

Etiquettes : Agriculteurs | La Réunion | PU1

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