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"L’homosexualité utilisée comme une insulte" : Ericka Bareigts dénonce des "rumeurs réactionnaires" et porte plainte

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le mercredi 4 mars 2026 à 17H44
La maire Ericka Bareigts, qui présentait ses vœux à la presse au mois de janvier, a annoncé porter plainte contre des rumeurs homophobes.

La maire sortante de Saint-Denis, Ericka Bareigts, affirme être la cible d’attaques et de rumeurs homophobes liées à sa vie privée. Lors d’une prise de parole publique mardi 3 mars, alors qu'elle annonçait justement le programme pour le mois des Droits des femmes, l’élue a dénoncé une stratégie politique qu’elle juge profondément sexiste, avant d'annoncer avoir porté plainte. Un épisode qui relance la question du traitement réservé aux femmes en politique, alors que la campagne bat son plein.

C’est une mise au point ferme et personnelle. Devant plusieurs acteurs associatifs et élus réunis au Bas-de-la-Rivière, ce mardi 3 mars, à l’occasion de la présentation du programme du mois consacré aux Droits des femmes à Saint-Denis, en marge du 8 mars, Ericka Bareigts a évoqué son propre parcours pour illustrer les attaques dont peuvent être la cible les femmes engagées en politique.

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La maire du chef-lieu affirme notamment faire l’objet de rumeurs concernant son orientation sexuelle. Selon elle, des "réactionnaires", sans jamais viser qui que ce soit, diffuseraient volontairement l’idée qu’elle serait homosexuelle, une rumeur propagée, dit-elle, avec une "intention malveillante".

"On le fait parce que je suis une femme"

L’élue affirme que certaines critiques ont dépassé le cadre du débat politique pour viser directement sa vie privée.

"Aujourd’hui l’attaque qui m’est faite est particulièrement violente, explique-t-elle. On m’attaque en disant que je suis homosexuelle. L’homosexualité est utilisée comme une insulte."

Dans la cour de l'Atelier, sous une tonnelle bondée, le silence se fait. Pesant. Pour la maire, la stratégie n’est pas anodine. "On le fait parce que je suis une femme", poursuit-elle.

Une attaque contre l’intimité

Ericka Bareigts estime que ces attaques illustrent un double standard persistant dans la vie politique. Selon elle, les femmes restent plus exposées que les hommes aux attaques visant leur intimité ou leur réputation.

"Un homme candidat qui trompe sa femme à tire-larigot, il n’est pas attaqué, glisse-t-elle avec ironie. On dira que c’est un tombeur." Mais lorsqu’il s’agit d’une femme, dit-elle, les attaques prennent une autre dimension. "Pour une femme, on cherche toujours à atteindre l’intimité personnelle."

Ces propos, qu’elle juge discriminatoires, constituent selon elle une forme de "violence politique".

Une plainte déposée

Face à cette situation, l’édile dionysienne affirme avoir décidé de saisir la justice. "Rien n’est acceptable, déclare-t-elle. Aucune insulte, aucune atteinte à notre vie privée, à notre intégrité. Rien." Et d’ajouter sans ambiguïté : "J’ai porté plainte."

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Pour Ericka Bareigts, il ne s’agit pas seulement d’une affaire personnelle. Elle estime que ces attaques révèlent un climat plus large de sexisme et d’homophobie.

"Toujours devoir prouver davantage"

Au-delà de cet épisode, la maire évoque plus largement la pression constante qui pèse sur les femmes en responsabilité. "Être une femme, c’est toujours devoir prouver plus, explique-t-elle. On accepte souvent la médiocrité des hommes, mais jamais celle des femmes."

Une réalité qu’elle dit avoir constatée tout au long de sa carrière politique.

Mais loin de se laisser déstabiliser, Ericka Bareigts affirme vouloir transformer cette épreuve en combat. "Nous allons continuer à avancer, assure-t-elle. Avec détermination, avec courage et avec solidarité." Car pour la maire sortante de Saint-Denis, ces attaques illustrent un enjeu plus profond. Celui du respect des femmes dans l’espace public et dans la vie politique.

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