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Deux agressions sexuelles, des violences et une évasion en 2 jours

Un jeune homme avait à répondre de faits d'agressions sexuelles sur sa compagne enceinte de 2 mois, de violences et d'évasion. Présenté ce mercredi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis dans le cadre d'une comparution immédiate, il a échappé de peu à la cour d'Assises pour des faits de viol.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 9 mars 2023 à 09H39

Tony Z., 27 ans, vit avec sa compagne de 24 ans depuis 10 ans. Le couple a un enfant de 3 ans et la mère de famille est enceinte de 2 mois au moment des faits. Dans la nuit du 14 au 15 janvier à Saint-Denis, Tony Z. veut sortir acheter de la cocaÏne mais sa compagne s'y oppose. Passé minuit, alors que madame dort, il est en manque et la réveille dans le but d'avoir un rapport sexuel pour se calmer, mais elle refuse  : "j'avais besoin de me calmer car elle ne voulait pas que j'aille acheter de la drogue", explique-t-il au président.

Réveillée, la jeune femme va aux toilettes et là, une scène d'un autre temps se produit. Il la suit et, pensant qu'elle refuse parce qu'elle a eu un rapport avec un autre homme, il lui met la main au niveau du sexe et la pénètre de ses doigts pour vérifier qu'il n'y pas la semence d'un autre. 

Alors qu'elle est toujours assise, le prévenu la lève par le bras et la tire par le bras jusqu'à la chambre où il la couche sur le lit. Il se place au-dessus d'elle et frotte son sexe sans érection contre le sien. Essuyant un nouveau refus, il insiste puis la pénètre une nouvelle fois avec ses doigts. La jeune femme enceinte ne doit son salut qu'aux vomissements dont elle est prise en raison de sa grossesse. Dégouté, Tony Z. finit par la laisser tranquille. La victime dépose plainte le lendemain et dénonce également des violences subies durant cette longue nuit.

Il s'évade du commissariat à l'issue de la GAV 

L'agresseur est interpellé puis placé en garde à vue où il conteste l'intégralité des faits. Cerise sur le gâteau, il s'évade du commissariat à l'issue de la GAV avant d'être récupéré trente minutes plus tard. Refusant de se laisser interpeller, il est tasé par les force de l'ordre. 

Afin de bien comprendre, il est important de préciser que le code de procédure pénale est clair : s'il y a une pénétration non consentie, ce sont des faits de viol, donc des faits criminels jugés devant une cour d'assises ou une cour criminelle. Avec l'accord de la victime, ces faits de viols ont été correctionnalisés et deviennent des faits d'agression sexuelle. Le président d'audience indique par ailleurs que le tribunal prendra cet élément en compte lors du délibéré. 

Ce mercredi à la barre, contre toute attente, le prévenu reconnait l'intégralité des faits : "tout ce qu'elle a dit est vrai," lance-t-il au président. La victime, qui est présente, est invitée à s'exprimer par le président. Elle remet une lettre au tribunal qui indique qu'elle a décidé de retirer sa plainte, puis s'explique : "j'ai un petit peu menti depuis la première plainte. J'ai agi sur le coup de la colère,, je voulais juste lui faire peur car j'ai pas aimé ce qu'il a fait. Ce n'est pas bien mais il n'était pas dans son état normal, il était drogué", témoigne la jeune femme. "C'est encore pire madame, c'est une circonstance aggravante", répond le magistrat. 

"Deux agressions sexuelles et des violences conjugales le même jour"

"Il est devant vous pour deux agressions sexuelles et des violences conjugales le même jour, puis une évasion deux jours plus tard", fustige le parquet. "Ce viol a été correctionnalisé avec l'accord de la victime. C'était une scène assez longue avec beaucoup d'agressivité dans ces actes. Elle finit par vomir et il finit par arrêter. Il a nié les faits jusqu'à aujourd'hui avant de reconnaitre devant vous. Je vous demande une peine de 5 ans de prison pour les agressions sexuelles, 6 mois de plus pour l'évasion, un suivi socio-judiciaire de 3 ans ainsi que le maintien en détention", requiert la procureure. 

"Ils se connaissent bien car ils ont grandi ensemble et se sont mis en couple il y a 10 ans. Il y a beaucoup d'immaturité chez les deux parties, beaucoup de mensonges. Il veut juste reprendre la vie commune avec sa compagne qui est enceinte de lui. Il est inséré socialement et s'occupe bien de sa famille. Je vous demande de prendre ses éléments en compte", plaide la défense. Le tribunal décide de garder ce dossier en correctionnelle et condamne le prévenu à 4 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire plus 6 mois pour les faits d'évasion. Le prévenu sera inscrit au fichier des délinquants sexuels et purgera sa peine en détention. 

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