Desillusion

J’ai discerné vos voix
Oh ! Poètes mes frères !
Grand est mon désarroi
De perdre mes chimères.
Alors, j’irai mourir
Au milieu de mes rêves,
Ces rêves d’avenir
Échoués sur les grèves.
Mais j’aurai bien chanté
Toutes ces heures douces
Qui ont marqué l’été
Au beau milieu des mousses.
J’aurai bu le miel
De ces ruches divines,
Que mûrit le soleil
À l’heure des matines.
J’arrive bien trop tard
Pour élever ma frêle
Voix, digne d’un clochard
Que l’amour ensorcelle.
Mais j’aurai bien chanté
Printemps, été, automne
Cet amour pimenté
Qui doucement fredonne.
Max Fauvette


