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Des peines échelonnées pour les 9 auteurs de l’expédition punitive du Bas de la Rivière

Neuf individus comparaissaient ce vendredi après-midi devant le tribunal de Saint-Denis. Ils s'étaient acharnés sur un ami de Jordan D., le meurtrier présumé de Guillaume Cuvelier. Après tout un après-midi d'audience, le tribunal a échelonné leur peine en fonction de leur degré de responsabilité.

Ecrit par Soe Hitchon – le vendredi 26 février 2021 à 19H32

Les protagonistes impliqués dans l’expédition punitive d’un dalon du meurtrier du Bas de la Rivière étaient attendus ce vendredi à la barre du tribunal de Champ fleuri. 
 
Pas moins de neuf prévenus avaient été confondus dans le passage à tabac suivi de séquestration d’un jeune homme dont ils soupçonnaient sa participation à la bagarre mortelle du 6 juin 2020.
 
Ce matin-là, Jordan D. croise la route d’un groupe de trois amis devant une petite boutique du quartier du Bas de la Rivière à Saint-Denis. La tension monte entre les deux camps et un coup de couteau part. Jordan D. touche Guillaume Cuvelier mortellement au thorax. 
 
Pendant que Jordan D. est interpellé par la police, deux de ses dalons sont pris en chasse par des rivaux qui veulent venger la mort de Guillaume Cuvelier. 
 
Comme un « sentiment de toute puissance »

Ainsi les amis de Guillaume Cuvelier entreprennent d’aller chercher deux personnes identifiées comme des amis de l’auteur présumé du meurtre. Des amis qui étaient soi-disant présents sur place et donc à leurs yeux également responsables de la mort de Guillaume Cuvelier.
 
Ils vont d’abord chercher une première personne, mais la police est déjà sur place. Ils se rabattent vers la deuxième. Celle-ci est prise à partie violemment et embarquée dans un coffre de voiture puis amenée devant le commissariat Malartic. Les coups reçus sont nombreux. Le jeune homme bénéficiera de 10 jours d’ITT. 

« Pourquoi vous en être pris à eux et pas à toutes les autres présentes au moment du crime ? », demande la présidente d’audience. « Parce que les autres, c’étaient des gars du quartier ? Et eux, on ne les touche pas ? », questionne-t-elle également.
 
Chacun avoue avoir suivi sans réfléchir l’un des prévenus qui, lui, affirme avoir vu l’attaque au couteau. Chacun minimise sa participation mais une vidéo, montrant clairement les visages non dissimulés, établit les faits clairement.
 
En pleine rue, en plein jour, ce qui fait dire à la présidente qu’ils ont agi en faisant preuve d’un « sentiment de toute puissance ».
 
La victime a eu très peur, « transportée comme un gibier »

L’un avoue des coups de pieds, l’autre des coups de poing. Celui se trouvant en récidive explique s’en être pris à la victime « parce qu’il était là au moment de la mort de Ti Gui (Guillaume Cuvelier, ndlr) » et parce qu’il « a entendu parler « . « Mais vous n’en savez rien », ne cesse de répéter la juge.
 
Certains avaient fait parler d’eux dans l’affaire dite du « gang du Bas de la Rivière » avec le décès de Carl Davis. Un autre avoue : « on a été bêtes, c’était gratuit ».

L’avocat de la partie civile reproche la froideur et la distance des prévenus en ce vendredi de comparution immédiate. « Comme si c’était pas eux qui avaient commis ces faits », évoque l’avocat.
 
La procureure note aussi la relative décontraction des prévenus. Huit mois après les faits, ils sont jugés selon elle en comparution immédiate non pas parce que les faits ne sont pas graves mais parce que l’enquête était longue. En effet, vingt personnes étaient présentes, dont neuf très actives. La victime du passage à tabac et de la séquestration s’est vue mourir, « transportée comme un gibier », a t-il dit. 
 
La procureure a requis pour ceux à qui elle reproche l’enlèvement et la séquestration entre 3 ans (dont 2 avec sursis) et 4 ans. Des réquisitions modulées selon les casiers judiciaires, certains étant déjà très connus de la justice.

« On a cru bien faire »
 
Pour ceux à qui elle reproche des actes de violence et d’enlèvement et séquestration, elle requiert entre 3 et 4 ans, toujours selon les casiers judiciaires vierges ou non avec toute fois un mandat de dépôt pour tous.

Au tour des avocats de la défense de rappeler ce contexte particulier qui ne signifie pas que les violences sont habituelles. « Pour eux, le sang présent sur le t-shirt et le jean de la victime était synonyme de complicité du crime », affirme un avocat de l’un des prévenus.

Une autre qualifie les réquisitions de « lourdes », au vu d’une comparution immédiate rapide après une longue enquête, pourtant. Pour les mêmes avocats, ces « ‘voyous’ du Bas de la Rivière n’auraient pas fait justice eux-mêmes. Au contraire, trois heures après la mort d’un jeune, ils l’ont livré à la police », plaident les avocats pour tenter d’inverser les rôles. « On a cru bien faire. C’est venu des sentiments, d’un amour entre amis. Ça nous a fait mal. C’était la seule façon de se réconforter. Une peine de coeur pour nos amis », tente de justifier l’un de la bande des neuf.
 
Le délibéré vient de tomber peu avant 19H30. Deux d’entre eux sont condamnés à 3 ans dont 18 mois avec sursis, cinq sont condamnés à 3 ans de prison avec sursis, un autre à 3 ans dont un an avec sursis, puis un dernier condamné à 18 mois dont 10 avec sursis.

 

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