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Des outre-mer : Fourvoiement caractérisé

Ecrit par zinfos974 – le lundi 19 décembre 2016 à 10H01

Depuis un certain temps, les télés nous pompent l’air avec l’une de leurs découvertes: « les outre mer ». L’expression qui n’existe qu’au singulier (Larousse) n’est jamais plus utilisée et c’est sans doute l’un des outrecuidants du ministère concerné qui l’a imposée au pluriel. Nos journaleux, ébahis, se chargent d’en faire la promotion. Ferrand la diffuse sur France Inter pour inviter nos compatriotes métro à dire eux aussi les outre-rhin, les outre-manche, les outre-atlantique. Sont-ils obligés de faire vivre ces fourvoiements ?
Outre-mer, comme le mot patrimoine, est un contenant.

Ce dernier contient ce dont on a hérité ou acquis. Ou rien ! Ce n’est pas parce que l’on a deux maisons et quelques actions que l’on a trois patrimoines. Un monument historique n’est pas un patrimoine, comme on le dit à la télé, mais un élément de celui-ci. Il en est de même de l’outre mer, expression pourtant correctement utilisée pendant des décennies. Ce n’est pas parce que la France a plusieurs possessions qu’elle a plusieurs outre-mer. Un pays ne peut en avoir qu’un, composé d’un ou plusieurs territoires. Une ministre « des outre-mer » aurait la responsabilité de l’outre-mer de tous les pays. L’outre-mer français lui suffit.

Ces atteintes à la langue sont agressives et insupportables, mais les « journalistes » visés, comme des poules à qui on a offert une brosse à dents, n’en ont rien à cirer et continueront de plus belle à en faire joujou et même de toujours inciter leurs interlocuteurs, politiques et même universitaires, à en faire autant. Il est agréable d’en voir qui résistent, comme cette femme politique récemment interviewée dont les idées peuvent être contestées mais pas le français. Elle s’est exprimée plusieurs fois correctement malgré l’insistance du pluriel d’Antoine Forestier.

Ce désir de se montrer moderne a pour conséquence non seulement de mal nommer les choses mais aussi à générer un français inacceptable. Malheureusement, si le téléspectateur entend «  cochon vole », il répète « cochon vole ». De même pour les outre-mer.
Sans leur demander d’être des érudits, mais parce qu’ils ont un pouvoir immense sur le téléspectateur, est-il possible de demander à nos journalistes de maîtriser le sens des mots qu’ils utilisent ? Quand des personnels des ministères ou des médias, parce qu’ils en ont le pouvoir, prennent tant ceux qui les ont précédés que leurs contemporains pour des demeurés, je me révolte.

Jr BOYER.

 

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