Des agriculteurs ultramarins, dont des Réunionnais, placés en garde à vue après une mobilisation à Paris

La mobilisation agricole organisée devant le ministère de l’Agriculture a débouché sur une série d’interpellations ce mercredi à Paris. Cinquante personnes ont été placées en garde à vue, parmi lesquelles des agriculteurs ultramarins, dont des représentants réunionnais venus défendre les spécificités des filières des DROM.
La journée de mobilisation à l’appel de la Confédération paysanne s’est terminée dans un climat de tension devant le ministère de l’Agriculture. En fin d’après-midi, plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés par les forces de l’ordre et placés en garde à vue.
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Parmi eux figuraient des agriculteurs originaires des territoires ultramarins, dont le secrétaire de la CGPER, Axel Hoareau, présent à Paris pour porter les revendications spécifiques des agricultures des DROM.
Une action pour alerter sur les difficultés du monde agricole
La mobilisation visait à attirer l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés structurelles rencontrées par le monde agricole, et plus particulièrement par les filières ultramarines, confrontées à des contraintes économiques, sanitaires et logistiques spécifiques.
Les représentants venus de La Réunion et d’autres territoires d’outre-mer entendaient rappeler la fragilité de leurs exploitations et la nécessité de politiques publiques mieux adaptées aux réalités locales.
Selon les autorités, un groupe de manifestants est entré sans autorisation dans l’enceinte extérieure d’une annexe du ministère de l’Agriculture en milieu d’après-midi. L’intervention des forces de l’ordre a conduit à l’évacuation des lieux et à l’interpellation de cinquante personnes, toutes placées en garde à vue. Un représentant du ministère a déposé plainte.
La CGPER dénonce une réponse jugée disproportionnée
Dans un communiqué publié sur Facebook, le président de la CGPER, Jean-Michel Moutama, exprime sa vive préoccupation face à ces placements en garde à vue. Il rappelle que cette mobilisation avait pour objectif d’alerter sur les difficultés structurelles du monde agricole et sur la situation particulière des territoires ultramarins.
L’organisation réaffirme son attachement au dialogue, au respect du droit de manifester et à la prise en compte des réalités agricoles des DROM. Elle appelle les autorités à faire preuve d’apaisement et à engager sans délai des échanges constructifs avec l’ensemble des organisations agricoles mobilisées.
Pour la CGPER, la défense des agriculteurs, de leurs exploitations et de la souveraineté alimentaire ne peut justifier des réponses exclusivement répressives. Le syndicat insiste sur l’urgence d’ouvrir de véritables discussions de fond sur l’avenir des agricultures ultramarines, dont les spécificités restent, selon lui, encore trop souvent marginalisées dans les politiques nationales.


