Déjà condamné aux assises, un jeune homme accusé de viol aggravé en réunion

Accusé de viols aggravés en réunion, le régime de détention d’un jeune Saint-Andréen était examiné devant la chambre de l’instruction. Outre la gravité des faits, son passé judiciaire pèse lourd : il a déjà été condamné récemment aux assises, ce qui le place en état de récidive légale.
Il y a des audiences où la lecture des faits glace la salle. C’est le cas dans ce dossier, où deux jeunes hommes sont mis en examen pour avoir violé une jeune femme en réunion.
Le soir du 14 juillet, l’un des protagonistes contacte son ex-compagne. En difficulté personnelle et exclue de son logement, la jeune femme accepte de passer la soirée avec lui. Il lui propose de la retrouver dans un local de Saint-Denis, équipé d’un canapé sur lequel elle pourrait dormir quelques jours.
Contradiction dans les versions
À son arrivée, elle découvre qu’un ami de son ex est également présent, ce qui la surprend. La soirée démarre à trois, l’alcool s’invite, puis le trou noir : au réveil, elle n’a plus aucun souvenir de ce qu’il s’est passé. À ses côtés, seulement une chocolatine posée près du canapé. Les deux hommes, eux, ont disparu. Très vite, elle réalise qu’elle a été abusée : des traces de semence sont relevées sur son corps et au niveau génital.
Elle dépose plainte et les deux suspects sont interpellés. Dans un premier temps, son ex-compagnon nie toute relation sexuelle, avant d’admettre face aux preuves matérielles qu’il a eu un rapport qu’il présente comme consenti, affirmant que son ami également.
C’est justement cet ami, originaire de Saint-André, qui était au cœur de l’audience du jour. Il nie, lui, toute relation sexuelle. Confronté aux éléments matériels, il se contente d’affirmer qu’il n’a « aucun souvenir ». Une défense qui irrite le ministère public, y voyant une situation « d’une telle banalité » pour l’intéressé qu’il prétend ne pas s’en rappeler. La représentante du parquet requiert son maintien en détention, évoquant les versions contradictoires, la gravité des faits et le risque de pressions sur les témoins.
Un lourd passé judiciaire
Le passé judiciaire du jeune homme ne plaide pas en sa faveur. En 2021, il a été condamné aux assises, avec son père, pour une tentative d’assassinat commise en 2018 : ils avaient tiré sur un voisin avant de le frapper si violemment avec le fusil que la crosse s’était brisée. Il n’avait alors que 17 ans. Cette précédente condamnation le place aujourd’hui en récidive légale.
La chambre de l’instruction a décidé de maintenir le jeune homme en détention.


