De retour à La Réunion après 7 ans, il ne met qu'une semaine à se retrouver en garde à vue

De retour sur son île après 7 ans, Sylvain* n'aura mis qu'une semaine à se retrouver en garde à vue. Dans la nuit du 6 janvier dernier, il est en compagnie de Caroline*, sa nouvelle copine depuis trois mois qui était partie le rejoindre dans l'hexagone, chez des amis pour garder leur enfant. En pleine nuit, Caroline se fait réveiller par un coup de téléphone, puis plusieurs avant que Sylvain enchaîne avec des coups de poing. La victime a le visage tuméfié et en sang.
Jugé en comparution immédiate ce lundi, il explique avoir eu un appel dans la nuit pour lui dire que Caroline le trompait. Il enchaîne ensuite en expliquant que celle-ci n'avait pas un comportement acceptable lorsqu'elle était saoule. "Je défends le manque de respect", déclare-t-il.
Surtout, les faits se sont produits quasiment à la date anniversaire de sa première condamnation pour violences conjugales sur son ex-conjointe. Il avait écopé d'une peine de 10 mois de sursis probatoire par le tribunal de Clermont-Ferrand. Par ailleurs, le tribunal va se rendre compte que le Juge d'application des peines (JAP) en charge de son suivi ne l'avait autorisé à ne venir dans l'île que du 31 décembre au 15 janvier. Or, Sylvain n'avait pris qu'un aller simple.
"Trois mois de vie commune, trois faits de violences"
C'est surtout le dossier psychiatrique qui va être le centre des débats. Sylvain a été réformé de l'armée pour schizophrénie. Mais lui en doute et ne prend pas son traitement. On comprend que c'est sa mission au Mali qui l'a fait basculer. Si l'expert psychiatre qui l'a rencontré n'a pas décelé de signes de schizophrénie, il a par contre noté une tendance sociopathique.
"C'est un jeune couple, mais j'ai l'impression d'être 50 ans en arrière. Il sent un manque de respect, donc il donne des coups. Je ne sais pas quelle éducation et quelles valeurs vous avez dans le couple, mais ça interroge. Trois mois de vie commune, trois faits de violences", argue la procureure qui requiert une peine d'un an de prison ferme, ainsi que la révocation de six mois de sursis.
Du côté de la défense, Me Sameïdha Mardaye va insister sur son parcours dans l'armée qui l'a traumatisé, notamment par ce diagnostic de schizophrénie qu'il ressent "comme une mise à l'écart forcée". Face à son refus de s'excuser, "c'est surtout que pour lui ce sont des mots sans valeur. Il doit prouver qu'il est vraiment désolé d'avoir frappé une femme."
Finalement, le tribunal le condamne à une peine de huit mois de prison ferme, ainsi que la révocation de cinq mois de sursis. La victime ne s'est pas constituée partie civile.
*Prénoms d'emprunt


