Dans le Cercle des poètes disparus : Victor Hubert-Delisle s’est éclipsé

Il ne défrayait pas la chronique, ne se mettait jamais en avant. Si j’ai eu la chance de le rencontrer, c’est parce que nous avions le même éditeur, Azalées.
C’est là que je le vis la première fois et le courant passa immédiatement. J’appréciai sa simplicité, sa modestie, sa très grande culture et ses vers, moi, qui ne suis qu’un modeste prosateur.
Nous eûmes par la suite plusieurs occasions, lors des sorties littéraires de l’Académie Arts et Lettres, de nous revoir et parler, parler, et encore parler. Il a amélioré ma culture littéraire. Et gastronomique aussi car cet homme de plume était également homme de bien-vivre, épicurien appréciant les bonnes choses à leur juste valeur. Parler des différentes façons d’accommoder le poisson, en plein milieu des forêts de Petite-France, c’était tout lui, ça !
Ses vers respiraient l’amour de l’être humain, de la vie, de notre nature créole, des belles Lettres, des beaux tableaux. Il était de la race des Pierrot Vidot, des Péters, des Albany… des Dayot car son humanisme ne le cédait en rien à celui de l’auteur du « Mutilé ».
Salut à toi, Victor. Tu pars en toute discrétion, c’est bien dans ta manière. Tu n’en resteras que plus précieux en nos âmes.
Jules Bénard
Les photos sont de Jean-Luc Igot. Elles ont été prises lors d'une "virée" de l'Académie Arts et Lettres à Petite-France.



