Cyclone Chido et blanchissement : un double coup dur pour le lagon de Mayotte

Alors que se déroule actuellement la Conférence des nations unies sur l’océan, le lagon de Mayotte, riche d’une biodiversité exceptionnelle, fait face à des menaces écologiques majeures qui mettent en péril sa résilience à court et moyen terme.
Le quatrième épisode mondial de blanchissement des coraux touche actuellement Mayotte, provoqué par une élévation prolongée des températures marines. En avril dernier, un blanchissement massif a causé une mortalité importante des colonies coralliennes, les fragilisant et les rendant plus vulnérables à d’autres agressions. Le passage du cyclone Chido a accentué ces dégâts : la plupart des récifs ont été gravement endommagés, certains réduits à un amas de débris coralliens. Pourtant, certaines zones, notamment près de la barrière interne au nord-est du lagon, ont montré une meilleure résistance face à la tempête.
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Des initiatives locales porteuses d’espoir
Dans le cadre du projet Future Maore Reefs (FMR), l'Institut de recherche pour le développement (IRD) suit depuis 2022 des assemblages coralliens installés sur des récifs artificiels.
Près de Petite Terre, à Pamandzi, malgré la présence d’un récif stable, le taux de mortalité corallienne reste élevé, conséquence directe des épisodes de chaleur intense en 2024.
À l’inverse, le récif de la Surprise, situé au nord-est du lagon, affiche un taux de survie des boutures proche de 90 %, sans signe de blanchissement, malgré une eau à plus de 30 °C. Ces observations soulignent le potentiel de résilience locale et l’intérêt de sélectionner des coraux capables de mieux résister aux stress thermiques.
Consciente de ces enjeux, la volonté des autorités locales d’obtenir l’inscription du lagon de Mayotte au patrimoine mondial de l’UNESCO se confirme. Ce statut viserait à reconnaître la valeur universelle exceptionnelle du site tout en mobilisant des ressources supplémentaires pour sa sauvegarde. Malgré la gravité des menaces, cette reconnaissance est envisagée comme un levier déterminant pour renforcer les efforts de protection et de restauration déjà engagés.


