Crise requin: Les écoles de surf réclament des indemnisations à l'Etat

"Avant, il existait 14 écoles de surf qui dégageaient un chiffre d'affaires annuel de 700.000 euros. 30 personnes y étaient employées. C'était un secteur en plein développement entre 2000 et 2010 (…). Aujourd'hui, il reste deux écoles en activité qui survivent grâce au paddle (…). Avec la mise en place et la poursuite de cet arrêté préfectoral (interdisant l'ensemble des activités nautiques ndlr), c'est la fin de nos activités", explique Agnès Lavaud, chargée de mission au Sypral (Syndicat des professionnels des activités de loisirs).
Les gérants des écoles de surf se sentent oubliés par les pouvoirs publics. Depuis le début de la crise requin à la Réunion, leur activité a chuté pour atteindre le "point zéro" après la décision de l'Etat de promulguer l'arrêté interdisant les activités nautiques, notamment le surf, en dehors du lagon et des zones surveillées. "On est une génération condamnée. On le sait, mais on se bat pour les futures générations", poursuit-elle.
Bien décidés à ne pas baisser les bras, les gérants d'écoles de surf ont décidé de s'entourer d'un avocat afin de demander des comptes à l'Etat. Me Nicolas Argemi, du barreau de Saint-Denis, va dès aujourd'hui déposer un recours en responsabilité contre l'Etat à la préfecture de Saint-Denis. "On attend une réponse du préfet dans les deux mois", explique Me Nicolas Argemi.
Indemnisation, fonds de secours et exonérations des charges
Dans ce recours, l'avocat des écoles demande clairement à l'Etat une indemnisation pour le préjudice subi depuis l'arrivée de la crise requin à la Réunion, mais également un accompagnement de ces entreprises. "On veut que soit mis en place un fonds de secours et que l'Etat décide de l'exonération des charges sociales et fiscales", souligne-t-il. Le préfet a deux mois pour répondre à ce recours. "Mais je suis conscient qu'il n'y aura pas de réponse. Nous devrons passer par la case tribunal administratif. Seulement la procédure est longue, entre 12 et 18 mois", ajoute Me Argemi.
Si le montant des indemnités souhaitées n'a pas été révélé, Me Argemi laisse entrevoir la compensation demandée à l'Etat. "Une école de surf pouvait faire entre 40 et 50.000 euros de chiffre d'affaires. Je vous laisse le soin de calculer", précise-t-il. "On veut que soit reconnu par l'Etat notre préjudice (…). Malheureusement le temps économique n'est pas compatible avec le temps administratif", ajoute Agnès Lavaud.
Car le temps presse, sur les 14 écoles de surf, deux subsistent aujourd'hui et autour de la table, nombreux sont ceux à avoir changé de métier où à travailler à côté pour pouvoir subvenir à leurs besoins.


