Crise du BTP : Nouvelle réunion le 14 juin, la grève toujours suspendue

"L'intersyndicale n'est pas satisfaite", déclare Maximin Hoarau, porte-parole des syndicats présents à la réunion de concertation sur la crise du BTP à laquelle ont participé les pouvoirs publics. L'intersyndicale affirme avoir accepté de laisser une quinzaine de jours aux services de l'Etat et aux décideurs des collectivités et bailleurs pour leur "apporter des réponses concrètes".
La grève est toujours suspendue, mais l'intersyndicale n'exclut pas de reprendre son mouvement si la rencontre prévue le 14 juin prochain ne débouche pas sur la signature d'accords permettant d'assurer la reprise de l'activité dans le BTP.
La région a apporté sur la table 41 millions d’euros de décisions modificatives, une solution des procédures simplifiées de 2,9 millions d'euros pour les bâtiments ainsi que quelques centaines de milliers d’euros pour les routes. "C'est 3,5 millions d'euros de plus pour les TPE et les PMEs dans la cagnotte", déclare Fabrice Hoarau, conseiller régional délégué à l'environnement et à la problématique des déchets, avant d'insister, "La Région a tout fait pour sortir de la crise ce soir."
"Le Conseil départemental a déjà apporté beaucoup, notamment pendant la crise Covid où le budget d'investissement est passé de 120 à 200 millions d'euros. Il y a encore une période de crise devant nous et le Département se doit d'accompagner les entreprises", indique le président du Département, Cyrille Melchior. "Nous allons proposer sur le vote du budget supplémentaire en juin plus de 20 millions d’euros soit 10% supplémentaires qui viendront abonder les travaux que le Département réalise au niveau des routes, des collèges et de l'agriculture", précise-t-il. Le président de la collectivité départementale a souhaité saluer le travail du préfet de La Réunion.
Le président de la CCIR souligne son rôle d'accompagnateur des différents acteurs du secteur du BTP. "Il y a eu des avancées, mais la crise ne date pas d'hier, mais de plusieurs années. Il y a un travail de fond à mener. Cela commence à être fait parce que le Préfet et ses équipes ont travaillé d'arrache-pied pour faire des propositions qui ont été acceptées sur certains points", souligne Pierrick Robert.
"La situation reste difficile, mais je reste positif", assure le préfet de La Réunion qui insiste, "nous avons fait un travail énorme sur quelques jours et cela a été reconnu."
"J'aurais aimé qu'on soit sur une levée complète du conflit, mais ce n'est pas le cas", déplore Jérôme Filippini qui affirme que ses services ont travaillé jour et nuit depuis le début de la semaine. "Nous avons fourni une quantité de données considérable."
"La position de maintenir la pression et de ne pas lever le conflit, je la trouve dure parce que ce qu'on a proposé, c'est une solution à la hauteur de la difficulté. C'est d'avoir un comité de suivi et de sortie de crise du BTP qui se réunit chaque mois avec les organisations syndicales et dans ce temps-là, de travailler à régler les problèmes", regrette le préfet de La Réunion.
Quant à la demande des syndicats d'obtenir d'autres réponses dans quinze jours, Jérôme Filippini répond : "Moi, je ne promets rien. Je promets que ce que je sais faire. Je dis aux Réunionnaises et aux Réunionnais que si la situation est difficile, il faut travailler tous ensemble et pas simplement mettre la pression en disant de trouver sous quatre jours des solutions qu'on n'avait pas trouvé avant."
Le préfet de La Réunion espère la signature dans deux semaines d'un protocole d'accord avec un calendrier de travail, une reprise des chantiers : "Tous les problèmes ne seront pas réglés sous quinze jours, il faut se dire les choses comme elles sont", insiste Jérôme Filippini.


