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Coût de la vie étudiante : jusqu’à 408 euros de dépenses supplémentaires par an pour les étudiants ultramarins

Ecrit par J.D. – le dimanche 23 août 2026 à 16H15

Alors que les étudiants réunionnais s’apprêtent à faire leur rentrée universitaire, l’UNEF publie son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante. Si la hausse se poursuit à l’échelle nationale, le syndicat insiste sur les inégalités géographiques. Dans les Outre-mer, les étudiants supportent plusieurs centaines d’euros de dépenses supplémentaires chaque année.

La rentrée universitaire approche et, avec elle, revient l’épineuse question du budget étudiant. Dans son enquête annuelle publiée en août, l’UNEF chiffre à 1,66 % la hausse du coût de la vie étudiante en 2026. Le syndicat estime désormais le reste à charge moyen à 1.300 euros par mois, soit 74 euros supplémentaires par rapport à l’année dernière. Depuis 2017, l’organisation évalue la hausse cumulée à 35,84 %.

Une moyenne nationale qui masque cependant d’importantes disparités territoriales. L’UNEF estime que « le lieu de naissance et le milieu social pèsent chaque année un peu plus lourd dans la vie étudiante ». Pour les jeunes éloignés des principaux pôles universitaires, la poursuite des études peut notamment imposer une mobilité et donc de nouvelles dépenses de transport et de logement.

Plus de 400 euros supplémentaires par an pour certains étudiants ultramarins

L’organisation consacre ainsi une partie entière de son enquête aux étudiants ultramarins, qu'elle présente comme « les grand·e·s oublié·e·s des politiques publiques ».

Selon ses calculs, en 2026, l’écart moyen du coût de la vie entre un étudiant vivant dans l’Hexagone et un étudiant dans les DROM atteint 2,54 % pour les non-boursiers et 6,94 % pour les boursiers.

En euros, la différence représente 314,36 euros de dépenses supplémentaires par an pour un étudiant non boursier ultramarin et 408,53 euros pour un étudiant boursier.

« Encore une fois, les étudiant·e·s ultramarin·e·s sont particulièrement touché·e·s par la précarité étudiante. Ils et elles comptent parmi les profils les plus exposés à la précarité au sein de la population étudiante », affirme l’UNEF dans son rapport.

Le complément de 30 euros jugé « largement dérisoire »

Pour tenter de tenir compte de ces spécificités, les étudiants ultramarins bénéficient depuis 2023 d’un complément de bourse de 30 euros. Mais pour l’UNEF, le compte n’y est pas.

Le syndicat considère que ce complément « reste largement dérisoire au regard de l’ampleur de la précarité qui touche cette partie de la population étudiante ». Il revendique une hausse de 200 euros du complément de bourse et estime qu’aucun investissement supplémentaire n’a jusqu’ici permis de véritablement rattraper l’écart avec l’Hexagone.

Mais la question financière ne constitue qu’une partie du problème. L’organisation réclame également davantage de logements CROUS, le développement des structures de restauration universitaire et le renforcement des services sociaux du CROUS dans les territoires ultramarins.

Lire aussi : Aide à la restauration : un étudiant boursier contraint de saisir le tribunal pour obtenir 200 euros d'aide auxquels il avait droit

Quitter La Réunion pour suivre certaines formations

Une autre problématique concerne directement les étudiants réunionnais, à savoir l’obligation, pour certains, de partir dans l’Hexagone afin de suivre la formation souhaitée.

« Pour une grande partie de la jeunesse ultramarine, faire des études rime avec un déménagement à plusieurs milliers de kilomètres dû à un manque de certaines filières notamment en master, entraînant des coûts exorbitants », souligne l’UNEF.

Une mobilité qui n’est donc pas toujours un choix. Plus largement, le syndicat estime que dans les territoires éloignés des grands pôles universitaires, la raréfaction de certaines formations peut contraindre les jeunes à partir, voire à renoncer à leur projet d’études. « Cette mobilité, souvent présentée comme un choix, est en réalité une contrainte », écrit l’organisation.

Logement, transports et alimentation continuent d’augmenter

À cette spécificité ultramarine s’ajoute la hausse générale des principales dépenses étudiantes. Le logement demeure le premier poste : l’UNEF chiffre le loyer moyen dans le parc privé à 627,11 euros mensuels, en augmentation de 2,87 %. Dans les résidences CROUS, le loyer moyen atteint 426,36 euros, en progression de 1,04 %.

Le coût moyen des transports atteint de son côté 254,14 euros pour les étudiants boursiers et 278,59 euros pour les non-boursiers, avec de fortes différences d’un territoire à l’autre. L’UNEF y voit « une fracture sociale et géographique majeure dans l’accès à la mobilité étudiante ».

Enfin, l’alimentation progresse encore de 0,87 % sur un an. Le syndicat assure que « plus de 50 % des étudiant·e·s [...] déclarent sauter régulièrement des repas pour des raisons financières ».

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