Course poursuite et morsure sur un policier en plein centre-ville, retour case prison

Un Portois de 54 ans était présenté hier devant le tribunal de Champ-Fleuri dans le cadre de la comparution immédiate pour refus d'obtempérer, conduite sans permis et sous l'empire d'un état alcoolique, pour avoir grillé un stop et plusieurs feux vendredi dernier vers 20h30, le tout en plein centre-ville de Saint-Denis. Alors qu'il vient "se promener", il atterrit, bien malgré lui, aux abords de la gare routière où il importune quelques dames venues faire un peu de marche le long du parking.
Excédées, les prostituées finissent par appeler la police. Dépêchée sur place, la voiture de patrouille se place à sa hauteur afin de lui demander des explications, mais l'homme démarre en trombe engageant une course poursuite infernale dans les rues de la capitale. Alors qu'il n'y a pas assez de doigts sur une main pour compter le nombre de ses infractions, la police finit par l'interpeller quand il se trouve bloqué dans le trafic.
Une fois encore, rien n'y fait. Il s'agrippe au volant afin de ne pas être extrait du véhicule.
Une fois encore, rien n'y fait. Il s'agrippe au volant afin de ne pas être extrait du véhicule, déclaré volé par son propriétaire au passage. Il finit par se faire extirper et maîtriser au sol. Il ne trouve rien de mieux à faire que de mordre un des policiers alors qu'il tente de lui passer les menottes. Au regard des faits, l'homme debout devant le tribunal est plutôt penaud et effacé. Il affirme "j'ai pas compris que c'était la police". Avec 1,12 g/l de sang ce soir là, il confirme avoir bu 8 bouteilles de bière.
Au final, le véhicule avait été seulement emprunté au propriétaire que le prévenu connaît bien, mais qui, après avoir tenté plus de 100 appels depuis le vendredi matin, avait fini par déclarer le vol de sa 106. Ceci étant, en garde à vue depuis vendredi soir, il ne pouvait pas répondre. S’il n'a qu'une condamnation à son CV, cette dernière est grave. Il s'agit de 18 ans de réclusion pour violence sur conjoint ayant entraîné la mort, sa deuxième épouse. Il est sorti de prison en 2016.
"Il a l'air placide et calme comparé à la gravité des faits et son casier judiciaire", entame la procureur, "je suis surprise de son revirement à la barre, sa personnalité est surprenante", ajoute-t-elle. Elle requiert 12 mois de prison, dont 4 avec sursis assortis du maintien en détention. La défense estime pour sa part que "l'irrationnel prend le pas à cause de l'alcool, le fol espoir de ne pas être pris a aggravé la situation" demandant la relaxe pour les faits de vol et la clémence du tribunal.
Jannick.F est finalement condamné à 12 mois de prison dont 6 avec sursis et passera les 6 prochains mois en détention.


