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Corse : «Personne ne m'a mis dehors», assure Jérôme Filippini

Ecrit par N.P. – le jeudi 21 août 2025 à 09H47
Jérôme Filippini, préfet de La Réunion (Photo : Alexandre Robert)

«Personne ne m'a mis dehors», a assuré mercredi Jérôme Filippini, 56 ans, lors de sa cérémonie de départ en préfecture. En poste depuis octobre 2024, le préfet de Corse a annoncé son retour à la Cour des comptes, invoquant «des raisons personnelles» et «très profondément personnelles, qui tiennent à [sa] vie familiale». Son successeur, Éric Jalon, doit prendre ses fonctions lundi.

«C'est rare qu'un préfet prenne l'initiative de demander à quitter ses fonctions, et qu'il doive en convaincre les autorités de nomination», a souligné Jérôme Filippini, avant de marteler : «C'est mon cas. Ce départ est mon choix, et je l'assume pleinement». L’intéressé a insisté : «Personne ne m'a mis dehors».

Lire aussi : Pourquoi Jérôme Filippini, « préfet antimafia », a-t-il quitté la Corse ?

Dans l’île, ce départ suscitait des interrogations. Certains y voyaient une conséquence directe de ses prises de parole contre la mafia, notamment en mars dernier lorsqu’il était monté sur un camion de manifestants pour s’adresser au mégaphone aux quelque 1 500 personnes rassemblées à Ajaccio. Ce jour-là, il avait lâché : «Je dirais volontiers au nom de l'État tout le mal qu'on a pu faire dans le passé», tout en appelant les militants à reconnaître qu’«ils n'ont pas toujours bien agi». Des propos qui avaient froissé jusqu’au ministère de l’Intérieur, selon plusieurs sources citées par l’AFP.

Mercredi, le préfet a tenu à clarifier : «Certaines personnes évoquaient l'idée qu'ils savaient qu'on avait eu ma tête à Paris», mais cette action n’a, selon lui, «eu aucun effet». Et d’ajouter qu’en d’autres circonstances, elle aurait même pu constituer «une motivation profonde pour rester».

Il a également reconnu que ses «prises de parole explicites pour dénoncer la gangrène du crime dans la société corse ont pu irriter quelques voyous», tout en affirmant n’avoir subi «aucune pression ni aucune menace, ni directe ni indirecte» liée à ces prises de position. Rendant hommage aux collectifs antimafia de l’île, il a répété sa dénonciation «avec force», tout en estimant ne «pas mériter le titre de préfet antimafia», un qualificatif qui, a-t-il reconnu, «ne m'insulte pas».

Etiquettes : Corse | Jérôme Filippini

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