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Conflit d’héritage : la cadette fait condamner la benjamine pour abus de faiblesse

Ecrit par P.B. – le dimanche 31 août 2025 à 17H30
Photo d'illustration

Deux mois après son procès, Jessica* est fixée sur son sort. Poussée devant la justice par sa sœur, elle a été reconnue coupable d'abus de faiblesse.

Jessica* a été condamnée par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre à 5.000 euros d’amende et un an de prison avec sursis. La SCI qu’elle avait montée a écopé de la même amende, tandis que la justice a prononcé, ce jeudi 28 août 2025, la confiscation en valeur de l’immeuble au cœur du litige. La défense a annoncé faire appel.

L’affaire a opposé deux sœurs devant la justice. Inès* avait porté plainte en août 2020 contre sa benjamine Jessica, l’accusant d’avoir profité de l’état de santé de leur père Patrick*, affaibli par un AVC, pour lui faire vendre son patrimoine immobilier. Le bien, situé à Basse-Terre à Saint-Pierre et comprenant 16 logements dont la maison familiale, avait été cédée en 2019 à une SCI montée par Jessica et ses proches, pour un montant de 340.000 euros.

Lire aussi : Soupçons d'abus de faiblesse : deux sœurs face à face au tribunal pour la vente du bien familial

Selon l’enquête, Jessica, qui disposait d’une procuration depuis 2017, avait multiplié les virements depuis les comptes de son père. Le coach sportif de la jeune femme, également associé de la SCI, ainsi que leur sœur aînée Laurence* et son ex-conjoint, auraient, eux aussi, bénéficié de cette vente. Des dépenses personnelles, comme des achats de lingerie à Paris et Copenhague, ont été relevées.

Le père souffrait de troubles cognitifs

La question centrale du procès portait sur l’état de santé de Patrick, décédé en 2023. Placé sous curatelle simple en 2020 puis renforcée, il souffrait de troubles cognitifs. Les avocats d’Inès, Me Sébastien Navarro et Me Jérôme Maillot, avaient soutenu que le père ignorait avoir vendu son bien et avaient dénoncé un "montage destiné à déshériter" la cadette.

La défense, représentée par le bâtonnier Normane Omarjee et Me Gabriel Odier, avait plaidé au contraire la lucidité de Patrick au moment de la vente, en s’appuyant sur le témoignage deux gériatres appelés à la barre." Au moment des faits reprochés, Patrick n’était pas un homme faible", a insisté Me Odier.

Le parquet s’était abstenu de prendre position et s’était remis à l’appréciation du tribunal.

La défense a annoncé faire appel.

*prénoms d'emprunt

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