Comores: Une présidentielle sous tension

Une élection présidentielle se tiendra dimanche 24 mars aux Comores. Il s'agit d'élections anticipées, suite à la modification de la Constitution via un referendum controversé. Le président actuel, Azali Assoumani, putchiste en 1999, puis élu en 2016, n'affrontera pas ses deux principaux opposants, qui ont vu leur candidature invalidée par la cour suprême. Sur les 20 candidats déclarés, la cour suprême en a retenu 13.
La cour suprême est toute dévouée à Assoumani, qui a réformé la constitution par référendum, supprimant la Cour Constitutionnelle. Le mandat présidentiel est passé de 5 à 10 ans, et la nouvelle constitution permet à Assoumani de se représenter, ce qu'interdisait l'ancienne. Des soupçons de bourrages d'urnes pèsent sur le référendum tenu en juillet 2018, selon les observateurs de la Force en attente de la région Afrique de l’Est.
Mohamed Ali Soilihi, dit Mamadou, chef de l'Union de l'opposition, qui regroupe une dizaine de partis, et Ibrahim Mohamed Soulé, candidat du parti Juwa, ont été écartés de l'élection. Mamadou, ancien vice-président, avait talonné Assoumani de 4000 voix aux élections de 2016. Le parti Juwa a proposé un candidat de substitution, l'avocat Mahamoudou Ahamada, qui défend son président et ex-chef de l'Etat Ahmed Abdallah Sambi, emprisonné depuis six mois.
Avant la réforme constitutionnelle, Le président des Comores était élu pour 5 ans, et à chaque nouvelle élection, un candidat issu d’une des autres îles était élu. Le système de présidence tournante est maintenu, néanmoins, le mandat étant désormais de 10 ans, Assoumani en détourne quelque peu le principe.
Les tensions sont vives sur les trois îles comoriennes, des violences insurrectionnelles ont éclaté en octobre dernier à Anjouan. Des arrestations massives d'opposants et de journalistes sont à déplorer, signes d'une dérive autoritaire du régime.


