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[Communiqué] Calendrier scolaire : Audrey Bélim demande une adaptation pour La Réunion

La sénatrice de La Réunion a écrit un courrier à la ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse de France pour lui demander d'adapter le calendrier scolaire dans le département.
Ecrit par N.P. – le vendredi 31 mai 2024 à 18H01
La sénatrice de La Réunion Audrey Bélim a écrit à la ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet, pour l'interpeller sur le changement de calendrier prévu pour l'année scolaire 2024-2025.
Il est important de mettre l'enfant au cœur des décisions. Le choix de couper les deux semaines de vacances en deux ne correspond pas aux rythmes biologiques de l'enfant et ne peut donc constituer une solution.
La sénatrice demande un décalage du concours de trois jours pour tenir compte du contexte réunionnais.
Plus largement, elle demande une réelle adaptation du calendrier de l'Education nationale au fuseau horaire et au climat réunionnais ainsi qu'au rythme biologique de nos enfants.

 

Le courrier d'Audrey Belim à la ministre de l'Éducation nationale :

Madame la Ministre,

Effet collatéral de la réforme de la voie professionnelle, les dates d’examen des lycées professionnels tomberont l’année prochaine en mai, pendant les vacances scolaires à La Réunion.

Le rectorat a dès lors proposé de scinder ces deux semaines de vacances de mai - une semaine fin avril et une fin mai - afin que les lycéens de la voie professionnelle passent leurs examens en même temps que leurs camarades hexagonaux.

Cette proposition suscite l'inquiétude de l’intersyndicale des enseignants ainsi que des fédérations de parents d’élèves, inquiétude que je partage. Les syndicats enseignants craignent un “parcours hachuré des élèves”, et demandent le respect du calendrier scolaire, tel qu’il a été défini et voté pour une durée de trois ans avec le rectorat.

Il serait plus pertinent de tout simplement décaler les trois jours d’examen de la voie professionnelle à la fin des vacances de mai. Cela conduirait donc à des dates et des horaires adaptés pour La Réunion. Cela implique par ailleurs des sujets spécifiques afin de limiter le risque de fuites mais votre ministère dispose d’un stock de sujets important.

Cette volonté d’être systématiquement dans la simultanéité avec l’Hexagone génère des situations difficiles pour nos élèves. Lors d’examens ou de concours, ils doivent parfois composer à des horaires incongrus comme à 22 heures, ce qui ne les permet pas d’être dans les meilleures conditions possibles pour réussir.

Une autre problématique de calendrier, imposée par le calendrier national, pénalise nos collégiens. En effet, les conseils de classe de fin d’année scolaire ont été reprogrammés début juin puisque les professeurs doivent donner les orientations pour la suite du parcours scolaire de l’élève le 7 et le 10 juin. Or la fin de l’année scolaire est programmée un mois plus tard. Les élèves connaissent dès lors leurs affectations un mois avant, ce qui peut les inciter à ne plus être assez sérieux et assidus en classe… Le mois de juin devient dès lors un mois de perdu.

Il est important de mettre en lien ce constat avec les conclusions alarmantes d’une note d’analyse de France Stratégie publiée en mai dernier intitulée “Naître en outre-mer : des moindres opportunités que dans les autres régions de France”. Les chiffres sont inquiétants.

Les natifs de la Guadeloupe, Martinique et de La Réunion (à origine sociale comparable aux natifs de l’Hexagone) ont 20 à 25% de chances en moins d'obtenir un diplôme du supérieur, 12% de chances en moins d’accéder à l’emploi et 35 à 45% de chances en moins d’occuper un poste de cadre.

Les écarts d’opportunités éducatives et professionnelles entre les Outre-mer et l’Hexagone sont saillants. L’Etat doit combattre ces inégalités en construisant un réel parcours de la réussite équitable et égalitaire pour nos jeunes réunionnais, et ce, à toutes les étapes de leurs scolarités.

Les jeunes Ultramarins doivent pouvoir bénéficier des mêmes chances de réussite que les autres enfants de la République. Une prise en compte du rythme biologique de nos enfants, de notre fuseau horaire et de notre climat permettrait d’apporter un début de solution. L’ambition est grande mais pas inatteignable. L’administratif ne doit pas primer sur le pédagogique, et la réussite des jeunes réunionnais et réunionnaises.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

Audrey BÉLIM
Sénatrice de La Réunion

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