Combien y avait-il réellement de passagers à bord de l’A310 au moment du crash ?

Il y a d’abord les doutes réels d’Ali Islam. “Au départ de Marseille, on a décompté 153 passagers. Lors de l’escale en Egypte, nous avons embarqué des étudiants. A Sanaa, nous avions pris des commerçants comoriens”. Selon Ali Islam, la compagnie yéménite a rempli l’avion à Sanaa. Difficile d’infirmer ou de confirmer cette information.
Toutefois, il est possible de relever deux faits surprenants. Le premier, c’est la liste de passagers publiée sur Comores.com et Umbeli.com. Sur Comores.com, le document en pdf contient 163 noms, mais seulement 142 sur Umbeli.com.
Même si on intègre les 11 membres d’équipage dans la liste éditée sur Comores.com, il y a toujours une différence de dix noms entre les deux listes.
Le deuxième élément est la découverte sur laquelle travaillent les compagnies d'assurance de la compagnie aérienne yéménite. La liste des 142 passagers remise par Yemenia Airways, ne correspond pas totalement à celle publiée sur Umbeli.com ou Comores.com. La marge d’erreur serait même de 5 à 10 %...
Cette situation est liée à une pratique de certaines compagnies aériennes. “A Sanaa, plusieurs Comoriens ont été priés de descendre, d’autres passagers ont pris leur place ou ont pris les fauteuils encore disponibles”. Souvent, ces nouveaux clients n’ont ni billet d’avion ni un quelconque titre de voyage.
Entre Sanaa et Moroni, le contrôle à la douane est souple. Et c’est un euphémisme. Un ancien employé de l’agence régionale d’Air France aujourd’hui à la retraite, a confirmé cette méthode de remplissage toujours en cours dans certains aéroports très laxistes avec la réglementation aérienne.
Une compagnie de la zone remplissait également à ras bord leur avion de cette façon. “Nous avions eu beaucoup de soucis à l’époque pour stopper cette pratique”. Et signe du destin (peut-être), cette pratique a sauvé la vie d’au moins une Comorienne. “Je l’ai rencontrée dans notre village. Elle avait été débarquée à Sanaa au profit d’autres passagers”, rapporte Ali Islam.
Toutes ces informations impliquent des doutes légitimes de la part des Comoriens habitués à être les “bouche trou” de la compagnie Yemenia Airways entre Moroni et Sanaa et Sanaa-Moroni.
Tous ces éléments suffisent à inciter Ali Islam et beaucoup d'autres Comoriens à penser qu’il y avait plus de 152 victimes dans la catastrophe survenue au large des Comores… Information qui reste à confirmer.


